Hepatitis C

Diagnostic et tests

Qu'est-ce que l'hépatite C?

Auteur: Dr. Beat Helbling

Dernière mise à jour: 10 / 2007

Réponse:

L'hépatite C est une inflammation du foie causée par l’infection du virus de l'hépatite C

Bibliographie:

NIH Consensus Development Conference: Management of Hepatitis C: 2002. Hepatology 2002;36(5 Suppl 1).

Qui devrait être dépisté pour l'hépatite C?

Auteur: Dr. Virginie Masserey Spicher

Dernière mise à jour: 10 / 2007

Réponse:

  • Les personnes qui consomment des drogues par voie intraveineuse ou qui en faisaient l’usage dans le passé (ou celles qui consomment de la drogue par voie nasale);
  • Les personnes transfusées avant 1992;
  • Les personnes transplantées avant 1992;
  • Les personnes ayant reçu des produits sanguins avant 1987;
  • Les personnes hémodialysées;
  • Les personnes infectées par le HIV;
  • Les partenaires sexuels des personnes infectées par le virus de l’hépatite C;
  • Les enfants nés de mères infectées par le HCV;
  • Les professionnels de santé après une exposition accidentelle à du sang;
  • Les personnes qui présentent une élévation des transaminases;
  • Les personnes qui ont subit une intervention médicale invasive (dû à un matériel mal stérilisé, à des transfusions dans des pays à forte prévalence du HCV etc.) ou des procédures non médicales (par exemple : tatouages, piercings, scarifications etc.) au cours desquels une contamination par voie sanguine est possible.

Bibliographie:

Grob PJ, Negro F, Renner EL. Hepatitis C Virus Infektion - Übersicht. PRAXIS 2000;89:1587-1607.

Bundesamt für Gesundheit. Hepatitis C in der Schweiz. Für eine individuelle Information und Beratung. Bulletin 2001;46:877-881.
http://www.bag.admin.ch/dienste/publika/bulletin/2001/d/BU46_01d.pdf

Quels sont les tests sanguins disponibles pour le dépistage de l'hépatite C?

Auteur: Prof. Peter Erb

Dernière mise à jour: 10 / 2007

Réponse:

Si une infection à HCV est suspectée, un test d’anticorps sériques est réalisé. Si le test est positif, une recherche de l’ARN du HCV par RT-PCR (réaction de transcriptase inverse et d’amplification en chaîne par polymérase) peut être effectuée pour fournir des informations sur la virémie. En cas de test anti-HCV positif, seul l’essai de l’ARN peut fournir des informations pour savoir s’il s’agit d’une infection à HCV récente ou guérie. L’essai le plus utilisé actuellement est une PCR quantitative en temps réel commercialisée par les Laboratoires Roche avec un seuil de détection < à 15 UI/ml. Lorsque le résultat du test des anticorps est douteux, un test d’immunoblot doit être réalisé afin d’exclure un éventuel faux positif.

Dans des cas rares, la recherche d'anticorps peut être négative chez les individus immunosupprimés.. Il existe également des tests de dépistage de l’antigène du HCV qui ne sont pas encore disponibles en Suisse.

Bibliographie:

Strader DB, Wright T, Thomas DL, Seeff LB. Diagnosis, management, and treatment of hepatitis C. AASLD Practice Guidelines. Hepatology 2004;39:1147-1171.

Halfon P, Bourliere M, Penaranda G, Khiri H, Ouzan D. Real-time PCR assays for hepatitis C virus (HCV) RNA quantitation are adequate for clinical management of patients with chronic HCV infection. J Clin Microbiol 2006;44:2507-2511.

Combien de temps faut-il compter après une exposition à HCV avant d’obtenir un résultat positif à un test anti-HCV?

Auteur: Dr. Beat Helbling

Dernière mise à jour: 10 / 2007

Réponse:

La période d'incubation du HCV est très variable dans le temps. L'ARN du virus peut être détecté dans le sang 1 à 2 semaines après l'infection, c'est-à-dire avant que le taux de transaminases n'augmente. Cependant, il faut attendre 80 jours en moyenne (entre 33 et 129 jours) après l’infection, avant de déceler les anticorps contre le virus de l’hépatite C (anti-HCV). Le test des anticorps permet de confirmer l’exposition d’une personne au virus de l’hépatite C, mais ne renseigne en rien sur l'activité de la maladie ou sur la charge virale. Le test des anticorps du HCV et généralement positif pendant de nombreuses années même après un traitement antiviral réussi ayant entrainé une clairance virale complète. L'ARN du HCV, expression de la réplication virale, disparaît au cours d’un traitement contre l’hépatite C. De plus, l'ARN du HCV n’apparaît plus dans le sang en cas de clairance spontanée.

Bibliographie:

Dufour RD, Lott JA. Laboratory guidelines for screening, diagnosis and monitoring of hepatic injury. Clinical Chemistry 2000;12:1-60.

Combien de temps faut-il compter après une exposition à HCV, avant d’obtenir un résultat positif au test de la PCR?

Auteur: Dr. Beat Helbling

Dernière mise à jour: 10 / 2007

Réponse:

S’il s’agit du premier contact de l’individu avec le virus, le test de l’ARN du HCV par PCR affiche un résultat positif au bout de 1 à 5 semaines.

L’ARN du HCV, expression de la réplication virale, disparaît au cours d’un traitement antiviral réussi ou en cas de guérison spontanée. La détection de l’ARN du HCV est donc une preuve d’infection virale active.

Bibliographie:

Dufour RD, Lott JA. Laboratory guidelines for screening, diagnosis and monitoring of hepatic injury. Clinical Chemistry 2000;12:1-60.

Quelles sont les démarches successives à entreprendre chez un patient présentant un résultat anti-HCV positif?

Auteur: Dr. Beat Helbling

Dernière mise à jour: 10 / 2007

Réponse:

Quand les anticorps et le virus sont détectés dans le sang, la réplication virale est active. L'activité inflammatoire dans le foie est fournit par les tests hépatiques. Les transaminases (ALAT et ASAT également appelées GPT et GOT) sont alors évaluées à des intervalles différents. Elles peuvent être normales malgré une réplication active du virus voire même une progression de la maladie hépatique. De plus, il est impératif de déterminer le stade de la maladie dans le foie. Enfin, après avoir effectué les tests hépatiques et viraux, il faut exclure les autres maladies hépatiques.

Bibliographie:

Dufour RD, Lott JA. Laboratory guidelines for screening, diagnosis and monitoring of hepatic injury. Clinical Chemistry 2000;12:1-60.

Strader D, Wright T, Thomas DL, Seeff LB. Diagnosis, Management, and Treatment of Hepatitis C. AASLD practice guidelines. Hepatology 2004;39:1147-1171.

Une personne peut-elle, malgré des enzymes hépatiques normales (c’est à dire ALAT), souffrir d'une hépatite C chronique?

Auteur: Prof. Francesco Negro

Dernière mise à jour: 10 / 2007

Réponse:

Une étude rétrospective multicentrique récente a montré que seulement 15% des patients infectés par l’hépatite C et ayant des enzymes hépatiques normales présentent des scores de fibrose hépatique supérieurs ou égale à F2 (selon le score Métavir). La grande majorité de ces patients n’ont pas de fibrose (F0) ou ont une fibrose portale (F1).

Bien que ces patients tendent à avoir une maladie légère et lentement progressive, ils peuvent également être candidats au traitement. Ceci devrait être défini au cas par cas et devrait se baser sur des paramètres autres que les enzymes hépatiques. De tels paramètres devraient inclure des facteurs influençant la probabilité de réponse à la thérapie (c'est-à-dire génotype du HCV et charge virale, stade de la fibrose hépatique) et/ou des facteurs généraux tels que la volonté et la motivation du patient, l'âge, la présence et la gravité des symptômes et/ou des manifestations extra-hépatiques, la durée de la maladie et les comorbidités.

Bibliographie:

Ahmed A, Keeffe EB. Chronic hepatitis C with normal aminotransferase levels. Gastroenterology 2004;126:1409-1415.

Pradat P, Alberti A, Poynard T, et al. Predictive value of ALT levels for histologic findings in chronic hepatitis C: a European collaborative study. Hepatology 2002;36:973-977.

Prati D, Taioli E, Zanella A, et al. Updated definitions of healthy ranges for serum alanine aminotransferase levels. Ann Intern Med 2002;137:1-10.

Quelle est la signification pronostique d’une quantification de l'ARN du HCV dans le sérum?

Auteur: Prof. Francesco Negro

Dernière mise à jour: 10 / 2007

Réponse:

Jusqu'à présent, la quantification de l’ARN du HCV dans le sérum de patients atteints d’hépatite C chronique n’a pas démontré de signification pronostique particulière.

D'un autre côté, il est important de mesurer les taux sérique de l’ARN du HCV avant et pendant le traitement combiné (interféron-alpha péguilé et ribavirine). En fait, la cinétique de l’ARN du HCV sérique pendant la phase précoce de la thérapie a un rôle bien établi pour prévoir l’issue du traitement. Ceci explique pourquoi plusieurs algorithmes ont été proposés sur la base des résultats des essais cliniques ; d'autres sont en cours de validation. L'algorithme le plus accepté utilise la règle dite des “12 semaines” c'est à dire que l'ARN du HCV sérique est mesuré tout de suite avant le traitement puis 12 semaines après le début de la thérapie combinée. Les patients qui ne présentent pas de réponse virologique précoce (ARN du HCV indécelable soit baissé de ≥ 2 log10 au bout de 12 semaines) ont très peu de chance d’atteindre une réponse virologique soutenue, avec une valeur prédictive négative > 97%. Ainsi, en cas d’absence de la réponse virologique précoce, le traitement devrait être interrompu.

Bibliographie:

Ferenci P. Predicting the therapeutic response in patients with chronic hepatitis C: the role of viral kinetic studies. J Antimicrob Chemother 2004;53:15-18.

Quels sont les tests sanguins réalisés pendant et après un traitement contre l'hépatite C?

Auteur: Prof. Peter Erb

Dernière mise à jour: 10 / 2007

Réponse:

Avant de démarrer un traitement antiviral, le génotype du HCV, les transaminases (ASAT, ALAT), la bilirubine totale et conjuguée, l'albumine, l'INR et la créatinine sont déterminés dans le sérum ainsi que l'ARN du HCV par PCR (charge virale). La détermination du génotype du HCV avant traitement permet d’évaluer les probabilités de réponse au traitement et de définir la durée de la thérapie. Pendant le traitement, l'hémoglobine, les leucocytes, les thrombocytes et les transaminases sont surveillés tous les 14 jours pendant les deux premiers mois, puis mensuellement jusqu'à la fin du traitement. Pour les génotypes 1 et 4, la quantification de l'ARN du HCV (par PCR en temps réel) doit être réalisée 12 semaines après le début du traitement. Ce test doit être répété pour tous les patients à 6 mois et 12 mois après la fin du traitement.

Bibliographie:

Strader DB, Wright T, Thomas DL, Seeff LB. Diagnosis, management, and treatment of hepatitis C. AASLD Practice Guidelines. Hepatology 2004;39:1147-1171.

Quels tests de confirmation doivent être réalisés suite à une sérologie C positive?

Auteur: Prof. Peter Erb

Dernière mise à jour: 10 / 2007

Réponse:

Un test anti-HCV positif doit être confirmé. Les faux positifs des tests sérologiques sont rares mais existants. Cependant, la question d'une infection ancienne ou active se pose également. Pour confirmation, l’ARN du HCV est détecté par l’amplification en chaîne par polymérase (PCR). Il s'agit d'une analyse quantitative, laquelle, dans les cas positifs, aide à définir la thérapie adéquate. Le seuil de dépistage est de 15 UI/l. Si la PCR est positive il s'agit d'une infection active. Si elle est négative, le test d'immunoblotting doit être effectué. S'il est négatif, un immunoblot doit être réalisé. Si l'immunoblot est négatif, il est très peu probable qu'il s'agisse d'une hépatite C. Un test d’immunoblot positif indique une infection ancienne ou avec virémie faible.

Bibliographie:

Grob PJ, Negro F, Renner EL. Hepatitis C Virus Infektion - Übersicht. PRAXIS 2000;89:1587-1607.

Génotypes

Que signifie le terme "génotype"?

Auteur: Prof. Francesco Negro

Dernière mise à jour: 10 / 2007

Réponse:

La variabilité de la séquence du génome à ARN du HCV dépend:

  • De l’absence d’activité correctrice des erreurs de la réplicase virale (ARN polymérase ARN-dépendante);
  • Des taux de réplication élevés;
  • De la taille de la population virale.

Afin de mettre de l'ordre dans la diversité génétique globale du HCV, une classification basée sur une analyse phylogénétique moléculaire des séquences virales a été développée. Une analyse phylogénétique typique des séquences génomiques complète du HCV se présente comme un arbre à 6 branches principales marquées de 1 à 6 et correspondant aux 6 génotypes du HCV. Chaque génotype est phylogénétiquement subdivisé en un nombre de sous-types, nommé alphabétiquement dans l’ordre de leur découverte. Les génomes complets de différents génotypes varient de 30 à 35% des sites nucléotidiques tandis que ceux de différents sous-types (d'un même génotype) diffèrent de 20 à 25% des nucléotides (bien que les sous-types du génotype 6 exhibent un degré de diversité élevé). De plus, chez les individus infectés, le HCV circule et se comporte comme un mélange de populations virales fortement apparentées mais toutefois bien distinctes, mélange qui s’appelle quasi-espèce.

Bibliographie:

Stumpf MP, Pybus OG. Genetic diversity and models of viral evolution for the hepatitis C virus. FEMS Microbiol Lett 2002;214:143-152.

Est-il nécessaire de procéder à un génotypage chez les patients atteints d’une hépatite C chronique?

Auteur: Prof. Francesco Negro

Dernière mise à jour: 10 / 2007

Réponse:

La détermination du génotype du HCV n'est importante que si elle contribue à une meilleure prise en charge des patients. En général cela est le cas avant un traitement antiviral. Selon le consensus de l'EASL sur l'HCV, la durée de traitement devrait dépendre du génotype viral. Les patients infectés par un HCV de génotype 2 ou 3 doivent se faire administrer un traitement par interféron-? péguilé et par ribavirine pendant 24 semaines, indépendamment des autres paramètres de base. Les patients de génotype 1 ou 4 doivent poursuivre ce traitement pendant 48 semaines.

La détermination du génotype du HCV peut éventuellement avoir une signification diagnostique. Les patients atteints d’hépatite C chronique et de stéatose sont probablement infectés par le HCV de génotype 3, et normalement, ils ne devraient pas être soumis à un diagnostic poussé à la recherche de maladie métabolique rare. Les patients présentant des manifestations extra-hépatiques du HCV, telles que la cryoglobuline de type II ou des désordres lymphoprolifératifs, sont souvent infectés par un HCV de génotype 2, même si cette association peut montrer des différences géographiques.

Bibliographie:

Hadziyannis SJ, Sette H Jr, Morgan TR, et al; PEGASYS International Study Group. Peginterferon-alpha2a and ribavirin combination therapy in chronic hepatitis C: a randomized study of treatment duration and ribavirin dose. Ann Intern Med 2004;140:346-55.

Rubbia-Brandt L, Leandro G, Spahr L, et al. Liver steatosis in chronic hepatitis C: a morphological sign suggesting infection with HCV genotype 3. Histopathology 2001;39:119-124.

Zignego AL, Ferri C, Giannini C, et al. Hepatitis C virus genotype analysis in patients with type II mixed cryoglobulinemia. Ann Intern Med 1996;124:31-34.

Silvestri F, Barillari G, Fanin R, et al. The genotype of the hepatitis C virus in patients with HCV-related B cell non-Hodgkin's lymphoma. Leukemia 1997;11:2157-2161.

Pourquoi la plupart des patients restent-ils infectés et pourquoi l’infection à HCV devient-elle chronique?

Auteur: Prof. Andreas Cerny

Dernière mise à jour: 10 / 2007

Réponse:

On assume qu’environ 70% des infections à HCV deviennent chroniques. Cet état se manifeste par la persistance de l'ARN du HCV, de l’histologie d’une hépatite chronique et des symptômes. Les anti-HCV ne fournissent pas d’information car ceux-ci restent positifs pendant des années, même quand l’infection a été éradiquée.

La raison pour laquelle cette infection devient si souvent chronique n’est pas connue (contrairement à l’hépatite B qui ne devient chronique que dans 5 à 10% des cas). Le HCV est un virus non-cytopathogène, c’est à dire qu’il n’affecte en rien les cellules hépatiques, ou alors que très légèrement. C’est le système immunitaire qui est responsable de l’élimination des cellules ; le mécanisme exact n’est connu que partiellement. Pour le passage à la chronicité d’une infection virale, l’équilibre entre la réplication virale et la réponse immunitaire est probablement le facteur déterminant. Dans le cas de l’infection par le HCV cet équilibre semble pencher en faveur du virus, dans le cas du HBV (du moins chez les adultes) il semble pencher en faveur du système immunitaire.

Bibliographie:

Grob PJ, Negro F, Renner EL. Hepatitis C Virus Infektion - Übersicht. PRAXIS 2000;89:1587-1607.

Une personne peut-elle être infectée par plusieurs génotypes?

Auteur: Prof. Francesco Negro

Dernière mise à jour: 10 / 2007

Réponse:

Les patients atteints d’hépatite C chronique peuvent en même temps être infectés par divers génotypes du HCV. Cependant, cette occurrence est plutôt rare (<2% des patients) et sa signification clinique est obscure.

Un patient infecté de façon persistante par un génotype du HCV peut être éventuellement surinfecté par un HCV appartenant à un autre génotype. Dans ce cas, en général l’un des deux est dominant. En règle général, les types 1a et 1b prennent le pas sur les autres génotypes, comme observé chez les patients ayant subis une greffe du foie suite à une cirrhose causée par le HCV et recevant un foie de donneurs HCV positifs. Cette situation a été reproduite expérimentalement chez le modèle animal, où le HCV de type 1a prend le dessus sur le type 1b. Chez les patients à haut risque d’infection comme les hémophiles ou les usagers de drogues IV actifs, une exposition antérieure à un HCV de génotypes multiples peut être mise en évidence par le sérotypage des anticorps, même en cas de réplication active d’un seul génotype.

Bibliographie:

Grob PJ, Negro F, Renner EL. Hepatitis C Virus Infektion - Übersicht. PRAXIS 2000;89:1587-1607.

Vargas HE, Laskus T, Wang LF, et al. Outcome of liver transplantation in hepatitis C virus-infected patients who received hepatitis C virus-infected grafts. Gastroenterology 1999;117:149-153.

Okamoto H, Mishiro S, Tokita H, Tsuda F, Miyakawa Y, Mayumi M. Superinfection of chimpanzees carrying hepatitis C virus of genotype II/1b with that of genotype III/2a or I/1a. Hepatology 1994;20:1131-1136.

Toyoda H, Fukuda Y, Hayakawa T, et al. Presence of multiple genotype-specific antibodies in patients with persistent infection with hepatitis C virus (HCV) of a single genotype: evidence for transient or occult superinfection with HCV of different genotypes. Am J Gastroenterol 1999;94:2230-2236.

Les génotypes du HCV ont-ils une signification pronostique sur l’évolution de l’infection ou la réussite du traitement?

Auteur: Prof. Francesco Negro

Dernière mise à jour: 10 / 2007

Réponse:

L’étude de l’épidémiologie des génotypes du HCV a fournit des informations utiles sur les épidémies mondiales du HCV : les génotypes du HCV ont une répartition bien particulière et certains génotypes ciblent des populations bien distinctes. Cependant, il n’existe aucune corrélation précise et confirmée entre un génotype du HCV bien spécifique et le pronostic de l’hépatite C chronique.

Le génotype du HCV est un indice significatif de la réponse au traitement antiviral par IFN-alpha ; la détermination du génotype est actuellement utilisée pour adapter les indications au traitement.

Bibliographie:

Hadziyannis SJ, Sette H Jr, Morgan TR, et al; PEGASYS International Study Group. Peginterferon-alpha2a and ribavirin combination therapy in chronic hepatitis C: a randomized study of treatment duration and ribavirin dose. Ann Intern Med 2004;140:346-355.

Histoire naturelle

Quelle est l’histoire naturelle de l’infection par le HCV?

Auteur: Dr. Beat Helbling

Dernière mise à jour: 10 / 2007

Réponse:

L’évolution spontanée de l’hépatite C n’est que partiellement connue. Les études disponibles ne sont que partiellement représentatives (pas de chiffres, périodes de monitorage courte, biais de sélection)

Les cas de figure suivants sont largement acceptés:

  • De tous les patients infectés, seulement 10% développent une hépatite ictérique et environ 10% ont une hépatite avec fatigue, malaise, symptômes pseudo-grippaux, mais sans ictère. De plus en plus de données indiquent que jusqu’à 50% des patients ayant une hépatite aiguë symptomatique élimineront spontanément le HCV au bout de 1 à 3 mois. Le reste des individus atteints d’une infection récente par le virus de l’hépatite C ne présenteront aucun symptôme.
  • L’infection devient chronique chez environ 70 à 80% des patients infectés par le HCV. Ces patients développent généralement une inflammation du foie modérée à sévère (hépatite). Cela évolue en cirrhose du foie chez 10 à 20% des patients au bout de plusieurs années voire même plusieurs dizaines d’années ; 5 à 10 % des patients développeront un carcinome hépatocellulaire (cancer du foie).

Bibliographie:

Grob PJ, Negro F, Renner EL. Hepatitis C Virus Infektion - Übersicht. PRAXIS 2000;89:1587-1607.

Seeff LB, Miller RN, Rabkin CS,et al. 45 year follow-up of hepatitis C virus infection in healthy young adults. Ann Intern Med. 2000;132:105-111.

NIH Consensus Development Statement for the Management of Hepatitis C Management of Hepatitis C: 2002 NIH 2002.

Quels sont les paramètres à évaluer pour déterminer l’état général d’un patient infecté par le HCV?

Auteur: Dr. Beat Helbling

Dernière mise à jour: 10 / 2007

Réponse:

La plupart des personnes infectées par le HCV se portent relativement bien. Cependant, nombreuses sont les personnes infectées qui souffrent d’une fatigue générale accrue. Les patients décrivent également une légère tension sur le côté droit de l’abdomen. Ces affections ne donnent pas d’indication sur le stade de la maladie hépatique et ne sont pas considérées comme alarmantes.

Les affections telles que perte d’entrain, perte d’appétit et fatigue chronique apparaissent tardivement, souvent au stade de la cirrhose. A des stades plus avancés de la maladie, un examen clinique révélera des signes concrets. Les tests de laboratoire permettent d’évaluer la synthèse et les fonctions excrétoires du foie. Une biopsie hépatique peut éventuellement aider à déterminer le grade exact (niveau d’inflammation) et le stade (degré de fibrose) de la maladie hépatique permettant de formuler un pronostic individuel. Chez les patients atteints de cirrhose du foie, une endoscopie est indiquée pour s’assurer de l’absence de varices oesophagiennes qui pourraient être à l’origine d’une hémorragie mortelle.

Une échographie du foie peut faciliter la détection précoce d’un cancer du foie et le choix d’un traitement optimal.

Bibliographie:

Grob PJ, Negro F, Renner EL. Hepatitis C Virus Infektion - Übersicht. PRAXIS 2000;89:1587-1607.

Que peut faire un patient pour retarder la progression d’une hépatite C chronique?

Auteur: Prof. Andreas Cerny

Dernière mise à jour: 10 / 2007

Réponse:

La tendance de cicatrisation du foie (fibrose) est aggravée et par le HCV et par la consommation concomitante d’alcool. Par conséquent, la consommation régulière d’alcool doit être évitée. Si l’alcool est consommé par intermittence, la quantité ne doit pas excéder 30 ml par jour.

Bibliographie:

Grob PJ, Negro F, Renner EL. Hepatitis C Virus Infektion - Übersicht. PRAXIS 2000;89:1587-1607.

Quand peut-on espérer obtenir un vaccin contre l’hépatite C?

Auteur: Prof. Andreas Cerny

Dernière mise à jour: 10 / 2007

Réponse:

Contrairement à l’hépatite A et B pour lesquelles des vaccins efficaces et sans danger sont déjà disponibles, nous avons encore un long chemin à parcourir avant d’atteindre ce but pour l’hépatite C. Bien que cette maladie identifiée en 1989 ait été découverte depuis longtemps, les recherches ont été lentes du fait de la variabilité génétique du virus. Les structures reconnaissables de l’hépatite C, importantes pour le système immunitaire, changent constamment. Ceci est probablement lié au fait que le HCV a développé des moyens de parer les mécanismes de résistance dans l’organisme d’une manière ou d’une autre.

Néanmoins, les recherches pour l’élaboration d’un vaccin sont intenses à travers le monde. Ce travail est de plus en plus difficile car le seul modèle animal pertinent disponible est le chimpanzé. Les entreprises Chiron aux USA et Immunogenetics en Belgique sont les leaders mondiaux. Depuis 1996, l’UE a soutenu les projets de recherche conjointe avec plus de 20 partenaires issus des secteurs universitaires et industriels. En Suisse, un projet commun entre Bagem et Berna Biotech (appelé Pevion) s’intéresse entres autres au développement du vaccin contre l’hépatite C.

Jusqu’à présent les données disponibles indiquent que les vaccins produits à partir des parties du virus (aussi appelés sous-unités) peuvent induire la production d’anticorps et des réactions immunitaires cellulaires qui confèrent une résistance permettant de protéger partiellement contre l’infection. Cependant, si le virus est légèrement différent du virus utilisé pour le vaccin, cet effet protecteur échoue.

Parallèlement au développement d’un vaccin permettant de prévenir l’infection, des recherches de méthodes qui rendraient possible une élimination du virus chez le sujet infecté sont en cours de développement. A cet égard, nous faisons référence à un vaccin thérapeutique. Les essais avec un vaccin thérapeutique étant plus faciles à réaliser (l’effet peut être rapidement évalué), il se peut que les résultats des études sur l’homme apparaissent bientôt. Les études initiales avec le vaccin d’Immunogenetics indiquent un effet protecteur modeste sur les dommages microscopiques du tissu hépatique sans modification significative de la réplication virale. A ce stade, aucun résultat positif n’a été obtenu avec les vaccins classiques et bien définis.

Bibliographie:

Grob PJ, Negro F, Renner EL. Hepatitis C Virus Infektion - Übersicht. PRAXIS 2000;89:1587-1607.

Epidémiologie

Quelle est l’épidémiologie de l’hépatite C dans le monde?

Auteur: Dr. Daniel Lavanchy

Dernière mise à jour: 10 / 2007

Réponse:

Le virus de l’hépatite C (HCV) a été décrit pour la première fois en 1989, cependant il est actuellement encore transmissible aux personnes de tous âges, sexes et races dans toutes les régions du monde (OMS, 1996). Comme cela est souvent le cas avec les agents pathogènes nouvellement détectés, la prévalence, l’incidence, et les conséquences socio-économiques du HCV n’ont pas encore été parfaitement définies. Dans tous les pays où l’épidémiologie du HCV est étudiée, on observe une augmentation du nombre d’infections (OMS 1997: 341-44 et 1997 : 65-69). De nouvelles infections ont toujours lieu, la plupart du temps à cause de l’utilisation de transfusions sanguines non testées et d’une stérilisation insuffisante des instruments médicaux. L’application des mesures préventives appropriées est absolument nécessaire pour stopper cette tendance (OMS 1999). De plus, la surveillance globale du HCV est cruciale afin d’évaluer les résultats des mesures employées et de réduire le nombre d’erreurs.

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS, 2004) estime le nombre d’individus infectés par le HCV à 123 millions (2% de la population mondiale). Malheureusement, les études de prévalence qui sont issues de plusieurs pays n’ont pas beaucoup d’intérêt car souvent ceux-ci n’évaluent qu’une partie de la population (femmes enceintes, donneurs de sang et admissions dans les

hôpitaux). Ces études portent rarement sur la population générale. Néanmoins il est possible de déterminer que dans la plupart des pays d’Afrique, d’Amérique, d’Europe et d’Asie du Sud, la prévalence des anticorps anti-HCV représente 2.5%. On estime la prévalence anti-HCV de 2,5 à 4,9% dans les régions du Pacifique. Au Proche-Orient, elle s’échelonne entre 1 et 12%. Sur la base d’une estimation par un chiffre absolu, la plupart des personnes infectées par le HCV dans le monde vivent en Asie du Sud-est et dans les régions de l’ouest du Pacifique. Ces données coïncident avec les données démographiques associées à l’hépatite B.

Sur le plan mondial, l’infection chronique du HCV a été associée au développement du carcinome hépatocellulaire. Sur plus de 500 000 cancers du foie apparaissant annuellement, environ 22% sont liés à une infection à HCV (OMS, 1996). Les études prospectives ont montré que 80% des cas d’hépatites C aiguës évoluent en infection chronique, parmi lesquels 10 à 20% subissent des complications (cirrhose du foie) au bout de 20 à 30 années d’infection ; 1 à 5% de ces cas développeront un cancer du foie (Di Bisceglie 1991 ; Seeff, 1992). Ces découvertes font de l’hépatite C un problème de santé publique.

Le HCV peut être divisé en 6 génotypes principaux (nommés de 1 à 6) et en 100 sous-génotypes désignés par les lettres a, b c, etc. (Simmonds 1994). La répartition générale des génotypes permet de suivre l’histoire et la propagation du HCV. Les génotypes 1 à 3 ont une répartition mondiale : 1a, 1b, 2a, 2b et 3a apparaissent en majorité en Amérique du Nord et du Sud, en Australie, en Europe de l’Ouest et au Japon (Bukh 1993, Stuyver, 1996). Les génotypes 4 et 5 sont retrouvés principalement en Afrique ; dans le sous-continent indien on retrouve le type 3, tandis que dans le sud-est asiatique on a identifié le type 6 (Simmonds, 1994 ; Tokita, 1995 : 11022-11026).

La répartition géographique des génotypes du HCV et de leur variabilité génétique est compatible avec la répartition mondiale du HCV et la longue évolution de la maladie infectieuse. Sur la base des études de la variabilité du génome, on conclut que les sous-génotypes ont plus de 300 ans et que les principaux génotypes ont plus de 500 à 2000 ans d’âge. L’infection humaine à HCV précède donc la médecine moderne de plusieurs siècles.

Malheureusement, il existe encore des incertitudes dans nos connaissances sur l’épidémiologie globale du HCV ; il faut espérer que les études à venir nous permettront d’accroître nos connaissances. En plus des chiffres limités sur la prévalence actuelle du HCV dans le monde, de nombreuses questions demeurent encore sans réponse quant à l’influence des facteurs de risque et du style de vie sur la transmission du HCV. De plus, le rôle de la transmission du HCV par des traitements médicaux, paramédicaux, des injections, des vaccinations et également des tatouages, piercings et techniques de scarification, nécessite d’être évalué de manière exhaustive.

Bibliographie:

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Shepard CW, Finelli L, Alter MJ. Global epidemiology of hepatitis C virus infection. Lancet Infect Dis 2005;5:558-567.

Quelle est la situation épidémiologique en Suisse?

Auteur: Dr. Virginie Masserey Spicher

Dernière mise à jour: 10 / 2007

Réponse:

En Suisse, on estime entre 50 000 et 70 000 individus infectés par le virus de l’hépatite C (HCV), 0,7 à 1% de la population.

Chaque année, le nombre des cas signalés à l’Office Fédérale de la Santé Publique (sur la base des tests d’anticorps anti-HCV positifs) est de 2500 à 3000. La majorité de ces infections a eu lieu dans le passé. Seulement 60 à 90 des cas survenus au cours de l’année sont classés comme hépatites C aiguës. Etant donné que la plupart des infections récentes ne présentent aucun symptôme caractéristique (et ne sont donc pas détectées), on estime en réalité à entre 500 et 1000 le nombre de cas annuel.

Les facteurs de risque les plus importants pour l’infection du HCV sont:

  • L’usage de drogue par voie intraveineuse : principale cause de transmission du HCV en Suisse (plus de 2/3 des cas d’hépatites aiguës signalés). La prévalence de l’infection (pourcentage de personnes infectées dans une population donnée) chez les usagers de drogues varie de 40% à plus de 90% selon la durée de consommation de drogue.
  • Les transfusions sanguines avant 1992 : moins de 10% des cas signalés. Actuellement, le risque estimé est de moins de 1 cas d’infection à HCV pour 1 million de transfusions. La prévalence de l’infection dépasse les 90% chez les hémophiles traités avec des facteurs de coagulation sans inactivation virale avant 1987.
  • Les contacts percutanés avec des instruments souillés de sang : en plus de la consommation de drogues, les tatouages, les piercings, les injections etc., les procédures réalisées avec du matériel déjà utilisé ou mal stérilisé sont aussi des sources potentielles d’infection.
  • La transmission périnatale d’une mère infectée à son enfant : le risque de transmission est inférieur à 5%, il augmente (risque doublé ou quadruplé) en cas de co-infection de la mère par le HIV.
  • Les contacts sexuels sont rarement impliqués en tant que cause unique. Dans la grande majorité des cas, il est possible d’identifier d’autres facteurs de risque (en particulier, usage de drogues et aussi transfusions avant 1992).

Bibliographie:

Grob PJ, Negro F, Renner EL. Hepatitis C Virus Infektion - Übersicht. PRAXIS 2000;89:1587-1607.

Bundesamt für Gesundheit. Hepatitis C in der Schweiz: Für eine individuelle Information und Beratung. BAG Bull 2001; Nr 46: 877-81.
http://www.bag.admin.ch/themen/medizin/00682/00684/01078/index.html?lang=de

Office fédéral de la santé publique. Hépatite C en Suisse: Pour une information et un conseil individualisé. Bull OFSP 2001; No 46: 877-81.
http://www.bag.admin.ch/dienste/publika/bulletin/2001/f/BU46_01f.pdf

Bundesamt für Gesundheit. Infektionskrankheiten in der Schweiz 2002/Maladie infectieuses en Suisse 2002. http://www.bag.admin.ch/infreporting/gs02/p19.pdf

Comment peut-on contracter l’hépatite C?

Auteur: Dr. Virginie Masserey Spicher

Dernière mise à jour: 10 / 2007

Réponse:

Le virus de l’hépatite C (HCV) se transmet essentiellement par le sang. Pour que la contamination ait lieu, le sang infecté doit entrer en contact avec le sang d’une personne non infectée. Ceci peut arriver par le biais d’un instrument pointu contaminé (seringues par exemple) ou directement à travers une plaie. Le contact du sang avec une peau intacte ne présente aucun risque.

Le HCV peut se répandre par:

  • Usage de drogues par injection ou par voie nasale (sniff) : cause de la majorité des infections en Suisse actuellement.
  • Transfusion sanguine : le risque était très significatif avant 1992. Actuellement, il est extrêmement faible (voir également « Quels sont aujourd’hui les chances de contracter le HCV par transfusion sanguine ou par d’autres produits sanguins, considérant que désormais les tests sanguins biologiques et les banques du sang sont plus fiables ? »).
  • Produits stables dérivés du sang avant 1987 : de nos jours, ces produits sont soumis à l’inactivation virale et ne présentent plus de risque.
  • Pratiques médicales impliquant un contact avec du sang (hémodialyse, chirurgie, endoscopie, injections dangereuses, flacons multi-doses, etc.) : avec l’amélioration des mesures d’hygiène dans les hôpitaux, le risque est désormais très faible en Europe de l’Ouest et en Amérique du Nord.
  • Tatouages, piercings et autres pratiques ayant recours à des instruments contaminés avec du sang et mal stérilisés.
  • Nouveau-nés de mères infectées (risque de transmission inférieur à 5%).
  • Contacts sexuels (très rarement en l’absence d’autres facteurs de risques).

Le HCV n’est pas transmissible par:

  • Des contacts ordinaires;
  • L’allaitement;
  • La toux et les éternuements;
  • L’eau et la nourriture;
  • L’utilisation des couverts en commun, les assiettes, les verres etc.;
  • Les baisers.

Bibliographie:

Grob PJ, Negro F, Renner EL. Hepatitis C Virus Infektion - Übersicht. PRAXIS 2000;89:1587-1607.

Bundesamt für Gesundheit. Hepatitis C in der Schweiz: Für eine individuelle Information und Beratung. BAG Bull 2001; Nr 46: 877-81.
http://www.bag.admin.ch/themen/medizin/00682/00684/01078/index.html?lang=de

Existe-t-il des preuves de transmission du HCV lors de procédures médicales ou dentaires?

Auteur: Dr. Virginie Masserey Spicher

Dernière mise à jour: 10 / 2007

Réponse:

Des études multiples ont démontré que le HCV pouvait être transmis lors de procédures médicales et dentaires. Le risque de transmission au cours d’interventions médicales ou dentaires était significatif dans le passé sur le plan mondial. L’amélioration continue des mesures d’hygiène hospitalière et le respect des précautions standard ont contribué à la diminution de ce risque dans la plupart des pays industrialisés. Cependant, il ne peut être complètement éliminé. Dans la plupart des cas de transmissions accidentelles du HCV, les recherches ont mis en évidence des erreurs d’asepsie et de stérilisation.

Dans les pays en développement, les transmissions nosocomiales (lors de soins médicaux) représentent toujours un risque majeur. Des efforts sont réalisés à l’échelle mondiale pour réduire les risques de transmission des agents pathogènes par des procédures médicales non stériles (en particulier, réutilisation de l’équipement d’injection).

Bibliographie:

Grob PJ, Negro F, Renner EL. Hepatitis C Virus Infektion - Übersicht. PRAXIS 2000;89:1587-1607.

Centers for Disease Control and Prevention. Transmission of hepatitis B and C Viruses in Outpatient Settings - New York, Oklahoma, and Nebraska, 2000 - 2002. MMWR 2003;52:901-906.

Mele A, Spada E, Sagliocca L, et al. Risk of parenterally transmitted hepatitis following exposure to surgery or other invasive procedures: results from the hepatitis surveillance system in Italy. J Hepatol 2001;35(2):284-289.

Massari M, Petrosillo N, Ippolito G, et al. Transmission of hepatitis C virus in a gynecological surgery setting. J Clin Microbiol 2001;39(8):2860-2863.

Ross RS, Viazov S, Gross T, Hofmann F, Seipp HM, Roggendorf M. Transmission of hepatitis C virus from a patient to an anesthesiology assistant to five patients. N Engl J Med. 2000;343(25):1851-1854.

Le HCV est-il transmissible par voie sexuelle?

Auteur: Dr. Virginie Masserey Spicher

Dernière mise à jour: 10 / 2007

Réponse:

La transmission du HCV par voie sexuelle est possible mais rare, beaucoup moins fréquente que la transmission sexuelle du HIV et particulièrement du virus de l’hépatite B (HBV). Des études portant sur des couples stables parmi lesquels un des partenaires était infecté ont montré que la contamination de l’autre partenaire était rare en l’absence d’autres facteurs de risque. La controverse sur la signification de ce mode de transmission est cependant alimentée par des études contradictoires. La plupart des études portant sur la transmission sexuelle étaient conduites sur des populations particulières à l’aide d’une méthodologie ne qui ne contrôlait ou n’incluait pas certaines variables (présence d’autres voie de transmission comme usage de drogues, interventions médicales). Le faible risque de transmission sexuelle ne justifie pas une recommandation systématique de l’utilisation du préservatif à un couple stable, même quand un des partenaires est infecté par le HCV. La décision doit être laissée au couple après en avoir été informé par le médecin. Comme le HCV est essentiellement transmis par le sang, l’abstinence sexuelle et l’utilisation de préservatifs sont recommandés pendant la période menstruelle. De plus les préservatifs sont absolument nécessaires en cas de relations sexuelles non monogames car:

  • Les préservatifs protègent contre d’autres maladies sexuellement transmissibles (en particulier, le HIV et l’hépatite B).
  • Le virus de l’hépatite C peut être plus facilement transmis en la présence d’une autre maladie sexuellement transmissible.
  • Des données épidémiologiques mettent en évidence la transmission sexuelle du HCV lors de relations homosexuelles non protégées.

Bibliographie:

Vandelli C, Renzo F, Romano L, et al. Lack of evidence of sexual transmission of hepatitis C among monogamous couples: results of a 10-year prospective follow-up study. Am J Gastroenterol 2004;99:855-859.

Terrault NA. Sexual activity as a risk factor for hepatitis C. Hepatology 2002;36: S99-S105.

Sciacca C, Pellicano R, Berretti M, et al. Sexual transmission of hepatitis C virus: the Turin study. Panminerva Med 2001;43: 229-231.

Le HCV est-il transmissible lors de rapports oro-génitaux?

Auteur: Dr. Virginie Masserey Spicher

Dernière mise à jour: 10 / 2007

Réponse:

Le virus de l’hépatite C est transmis essentiellement par le sang, rarement par voie sexuelle (voir la question « Le HCV est-il transmissible par voie sexuelle ? »). Aucune étude a montré l’existence d’une transmission oro-génitale. En l’absence de sang, le risque de transmission par voie oro-génitale est extrêmement faible voire même nul.

Bibliographie:

Grob PJ, Negro F, Renner EL. Hepatitis C Virus Infektion - Übersicht. PRAXIS 2000;89:1587-1607.

Le HCV peut-il se répandre parmi les personnes vivant dans un même foyer?

Auteur: Dr. Virginie Masserey Spicher

Dernière mise à jour: 10 / 2007

Réponse:

Le risque de transmission du virus de l’hépatite C (HCV) aux personnes vivant dans un même foyer et n’ayant pas de rapport sexuel avec la personne infectée est extrêmement faible.

Dans quelques études, la prévalence* la plus élevée d’infection du HCV parmi les membres d’une même famille par rapport à la population générale peut s’expliquer par deux facteurs principaux:

  • Une exposition commune à un autre risque extérieur (transfusions, injections, etc.);
  • Ttransmissions parentérales dans la famille (réutilisation de seringues, administration de soins exposant à du sang).

La transmission par d’autres voies (nourriture) et par d’autres liquides biologiques (salive, urines etc.) n’a pas été démontrée.

Les recommandations destinées aux membres non infectés d’une même famille sont fondées sur le fait que la transmission du virus pourrait exister par contact avec des quantités infimes de sang en cas de plaies. Le partage des brosses à dents, des rasoirs et d’autres instruments coupants (manucure, pédicure, etc.) devrait donc être évité.

  • Prévalence: pourcentage d’individus infectés dans une population ou un groupe de population à un temps donné.

Bibliographie:

Minola E, Baldo V, Trivello R, Floreani A. Intrafamilial transmission of hepatitis C virus infection. Eur J Epidemiol 2006;21(4):293-297.

Ackerman Z, Ackerman E, Paltiel O. Intrafamilial transmission of hepatitis C virus: a systematic review. J Viral Hepat 2000;7(2):93-103.

Quelles sont aujourd’hui les chances de contracter le HCV par transfusion sanguine ou par d’autres produits sanguins, considérant que désormais les tests sanguins biologiques et les banques du sang sont plus fiables?

Auteur: Dr. Johann J. Burckhardt

Dernière mise à jour: 10 / 2007

Réponse:

Depuis 1999, tous les donneurs de sang en Suisse ont été testés pour l’ARN par PCR. Le risque d’infection par les globules rouges et les concentrés globulaires et plaquettaires a donc été réduit de façon importante.

Avant l’introduction de la recherche de l’ARN par PCR, à la fin des années 1990, le risque d’infection par le HCV, grâce à des techniques de dépistage sérologique améliorées et à une prévalence très basse du HCV chez les donneurs de sang réguliers en Suisse, était de 1 pour 1,5 million (un donneur de sang en fenêtre sérologique peut apparaître tous les 3 ou 4 ans en Suisse) avec environ 450.000 donneurs de sang/an (Burckardt 1999).

A l’introduction du dépistage de l’ARN du HCV par PCR, la fenêtre diagnostique a pratiquement été éliminée car le HCV en phase aiguë se multiplie très rapidement avec un temps de doublement à 0,7 jours. L’étude la plus convaincante concernant l’efficacité du dépistage par PCR en Europe émane de la Croix Rouge Allemande qui portait sur plus de 12 millions de donneurs de sang non rémunérés de 1997 à 2000. 11 donneurs séronégatifs furent dépistés avec une PCR HCV-positive qui correspond à une prévalence de 0.86 par million (Seifried 2001). Sur cette même période, aucune infection à HCV post-transfusionnelle ne fut décelée par une analyse rétro-active (Sireis, 2001). A la suite de cette étude, l’évaluation des risques devait être redéfinie ; cela n’a toujours pas été publié.

Le plasma pour transfusions (et autres produits sanguins) est mis en quarantaine jusqu’à ce que le sang du donneur soit de nouveau testé et confirmé négatif ou est traité par des techniques d’inactivation qui permettent d’inactiver le HCV.

Bibliographie:

Burckhardt JJ. Assessment of needs for plasma for fractionation in Europe. Biologicals 1999;27(4):337-341.

Seifried E, Roth W-K, for the PCR Study Group. Increase of safety of blood products by virus NAT testing and its cost-benefit ratio. Infus Ther Transfus Med 2001;28(Sonderheft 1) 45-V 19.1.

Sireis W et al. Results for look-back of HBV, HCV and HIV from 1997 to 2000. Infus Ther Transfus Med 2001;28(Sonderheft 1) 46-V 19.14.

Grob PJ, Negro F, Renner EL. Hepatitis C Virus Infektion - Übersicht. PRAXIS 2000;89:1587-1607.

Roth WK, Weber M, Buhr S, et al. Yield of HCV and HIV-1 NAT after screening of 3.6 million blood donations in central Europe. Transfusion 2002;42:862-868.

Quels conseils donner aux personnes HCV positives pour éviter la transmission de la maladie?

Auteur: Prof. Francesco Negro

Dernière mise à jour: 10 / 2007

Réponse:

  • Les individus HCV positifs ne doivent pas donner leur sang, qui est la voie de transmission du HCV la plus importante;
  • Ils ne doivent pas faire de don d’organes, de tissus ou de sperme;
  • Les usagers de drogues ne doivent pas partager leur matériel y compris cuillère et coton, la transmission au sein des cocaïnomanes est controversée mais il est admis qu’une paille contaminée par du sang peut être un vecteur de transmission de l’agent du HCV;
  • Au sein de la famille il est recommandé de ne pas partager les objets potentiellement contaminés avec du sang même sec, les brosses à dents, les coupe-ongles et les rasoirs doivent être personnels et mis à l’écart des objets des autres membres de la famille;
  • Chez les partenaires sexuels monogames – en sachant que la transmission sexuelle est rare, on ne recommande pas l’utilisation de préservatifs. Cependant, il faudra en faire usage en cas de rapports sexuels multiples, de maladies sexuellement transmissibles concomitantes, pendant les règles ou en cas de rapports traumatisant les muqueuses anales ou vaginales;
  • Le HCV peut être transmis par le biais de matériel médical y compris outils de médicine traditionnelle (aiguilles d’acupuncture, aiguilles de scarification): il est recommandé que les opérateurs (médecin, infirmières, et autres praticiens de santé) utilisant ces instruments soient mis au courant du statut HCV;
  • La transmission par tatouage ou piercing est controversée. Bien que des études épidémiologiques suggèrent que le tatouage est un risque indépendant de séropositivité du HCV, le CDC américain ne recommande pas l’inspection des salons de tatouage, car la surveillance des cas d’hépatites C aiguës a rarement identifié un tatouage dans la période d’incubation. Pour expliquer ce paradoxe, des études scientifiques ont suggéré que la transmission du HCV par tatouage pouvait donner une séroconversion infra-clinique. Il est recommandé d’utiliser du matériel stérilisé ou à usage unique pour limiter les risques de transmission.

Bibliographie:

Yeung LT, King SM, Roberts EA. Mother-to-infant transmission of hepatitis C virus. Hepatology 2001;34(2):223-229.

Neiburger EJ. Quantifiable risk in dentistry - a letter to the profession. J Mass Dent Soc 2000;49(3):10-13.

Haley RW, Fischer RP. The tattooing paradox: are studies of acute hepatitis adequate to identify routes of transmission of subclinical hepatitis C infection? Arch Intern Med 2003;163:1095-1098.

Terrault NA. Sexual activity as a risk factor for hepatitis C. Hepatology 2002;36(5 Suppl 1):S99-105.

Consultation

Comment prévenir la transmission du HCV à d’autres malades?

Auteur: Prof. Jean-François Dufour

Dernière mise à jour: 10 / 2007

Réponse:

Le virus de l’hépatite C est transmis par le sang et les produits dérivés du sang. C’est pourquoi les individus infectés par le HCV ne doivent pas donner leur sang, leurs organes, leur tissu ou leur sperme (dans un but reproductif). Les lésions cutanées doivent être recouvertes et protégées d’un contact direct avec d’autres lésions cutanées. Les vêtements, les draps de lit et tout autre objet pouvant être contaminés avec du sang doivent être manipulés conformément aux normes de précaution. L’équipement pour les injections parentérales tels que les aiguilles, les seringues, les perfusions ne doit jamais être réutilisé. Les brosses à dents, les rasoirs, les ustensiles de manucure ne doivent pas être partagés pour éviter le contact avec du sang résiduel avec des effractions cutanées. En ce qui concerne la transmission sexuelle, reportez-vous à la question correspondante. Le virus de l’hépatite C peut être détecté dans la salive, rien ne démontre néanmoins le rôle de la salive dans la transmission du virus.

Comment se protéger contre la contamination par le HCV et contre d’autres pathogènes transmis par voie sanguine lors de la manipulation de sang humain?

Auteur: Prof. Jean-François Dufour

Dernière mise à jour: 10 / 2007

Réponse:

Quand on manipule du sang humain, prévenir la contamination par le HIV, le HBV et le HCV est une priorité. Le risque peut aller d’une exposition percutanée ou muqueuse à l’échange de sang ou de liquide corporel infecté. Le risque de transmission du HCV suite à une exposition percutanée (suite à une piqûre d’aiguille) représente 1.85 %. Le risque d’infection par le HBV suite à une exposition représente 6 à 10% ; pour le HIV le risque représente seulement 0, 3%.

Le respect d’une technique d’asepsie stricte et l’observance des précautions standard incluant un lavage des mains et l’utilisation de containers appropriés pour les aiguilles et les objets coupants, permettent de réduire le risque. Un équipement individuel de protection est essentiel à la prévention de la maladie. Cela inclut l’utilisation de gants, en cas de contact avec du sang ou des liquides corporels et l’utilisation d’un masque ou de lunettes protectrices en cas de risque d’éclaboussure sanguine. Les instruments à usage multiples doivent être stérilisés conformément aux recommandations concernant l’élimination des pathogènes transmis par voie sanguine. Contrairement à l’infection par le virus de l’hépatite B, il n’existe pas de prophylaxie post-exposition au HCV. Les immunoglobulines, interféron et médicaments antiviraux ne sont pas indiqués dans ce cas. Le statut d’infection à l’hépatite C de l’individu index et de la personne exposée doivent être déterminés et s’il existe une infection par le HCV, des tests sérologiques de suivi seront prescrits chez l’individu exposé pour détecter l’apparition du HCV.

Bibliographie:

Grob PJ, Negro F, Renner EL. Hepatitis C virus infection. Overview. SEVHEP (Swiss Experts on Viral Hepatitis). Schweiz Rundsch Med Prax. 2000;89:1587-1604.

U.S. Public Health Service Updated U.S. Public Health Service Guidelines for the Management of Occupational Exposures to HBV, HCV, and Recommendations for Post exposure Prophylaxis. MMWR Morb Mortal Wkly Rep 2001;50:1-52.

Les patients monogames porteurs de l’hépatite C doivent-ils changer leurs habitudes sexuelles afin d’éviter la transmission du virus à leur partenaire?

Auteur: Prof. Jean-François Dufour

Dernière mise à jour: 10 / 2007

Réponse:

Plusieurs études comprenant l’examen de 80 couples ayant un nombre moyen de 21 relations sexuelles par an et une étude prospective sur 10 ans de 895 couples hétérosexuels monogames couvrant environ 800 000 épisodes coïtaux n’ont pas révélé un seul cas de transmission sexuelle par le HCV. Il n’en va pas de même pour les virus du HBV et du HIV. Des recherches indiquent qu’il n’y a aucune raison pour un couple de changer ses habitudes sexuelles. Si le test du partenaire est négatif, il n’y a aucune preuve qu’il sera infecté par un contact sexuel. Si le test est positif, il n’est pas prouvé qu’il s’agisse d’une contamination par voie sexuelle. D’autres modes de transmission plus ordinaires doivent être pris en compte (rasoirs, brosses à dents, etc.). Les pratiques sexuelles, causes de lésions muqueuses, présentent un risque de transmission. Les rapports sexuels anaux non protégés chez les hommes infectés par le HIV apparaissent comme facteur de risque dans la transmission du HCV.

Bibliographie:

Neumayr G, Propst A, Schwaighofer H, Judmaier G, Vogel W.Lack of evidence for the heterosexual transmission of hepatitis C. QJM. 1999;92(9):505-508.

Vandelli C, Renzo F, Romano L, et al. Lack of evidence of sexual transmission of hepatitis C among monogamous couples: results of a 10-year prospective follow-up study. Am J Gastroenterol 2004;99:855-859.

Quelles précautions peut prendre un patient infecté par le HCV pour protéger son foie des dommages ultérieurs?

Auteur: Prof. Jean-François Dufour

Dernière mise à jour: 10 / 2007

Réponse:

Les patients infectés par le HCV peuvent se prémunir de la progression de la maladie hépatique en évitant:

  • De consommer de l’alcool de façon excessive (plus de 30 à 60 ml par jour);
  • L'obésité, qui peut conduire à l’existence d’une stéato-hépatite non alcoolique concomitante avec insulino-résistance;
  • Un risque d’autre infection virale (les patients atteints d’une hépatite C doivent recevoir le vaccin contre le HBV et le HAV).

Il n’est pas démontré que l’adoption d’un régime spécial soit bénéfique aux patients infectés par le HCV.

Bibliographie:

Grob PJ, Negro F, Renner El. Hepatitis C virus infection. Overview. SEVHEP (Swiss Experts on Viral Hepatitis). Schweiz Rundsch Med Prax 2000;89:1587-1604.

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Alberti A, Pontisso P, Chemello L, et al. The interaction between hepatitis B virus and hepatitis C virus in acute and chronic liver disease. J Hepatol 1995;22:38-41.

Les patients souffrant d’une hépatite chronique C doivent-ils être vaccinés contre l’hépatite A?

Auteur: Dr. Virginie Masserey Spicher

Dernière mise à jour: 10 / 2007

Réponse:

Il est fortement recommandé que les patients HCV-positifs soient vaccinés contre l’hépatite A afin d’éviter des dommages hépatiques qui pourraient conduire à une maladie plus sévère. De plus, la surinfection par le virus de l’hépatite A chez les patients ayant une hépatite chronique C a été associée à des hépatites fulminantes. L’utilisation du vaccin contre le HAV est sûre et efficace. Le taux d’anticorps post-vaccinal peut être inférieur comparativement au sujet sain.

Bibliographie:

Prevention of hepatitis A through active or passive immunization: recommendations of the Advisory Committee on Immunization Practices (ACIP). MMWR Recomm Rep 2006;55(RR-7):1-23.

Reiss G, O’Keeffe EB. Hepatitis vaccination in patients with chronic liver disease. Aliment Pharmacol Ther 2004;19(7):715-727.

Les patients souffrant d’une hépatite C doivent-ils être vaccinés contre l’hépatite B?

Auteur: Dr. Virginie Masserey Spicher

Dernière mise à jour: 10 / 2007

Réponse:

Les patients ayant une co-infection HCV-HBV présentent un moins bon pronostic que ceux ayant une mono-infection par le HCV. C’est pourquoi il est fortement recommandé que les patients atteints d’une hépatite C soient vaccinés contre l’hépatite B si aucun anticorps anti-HBs ne préexiste. Le vaccin contre l’hépatite B est sans danger et entraine peu d’effets secondaires.

La vaccination précoce est importante car la réponse à la vaccination diminue d’autant plus que la maladie hépatique progresse. Chez les patients atteints d’hépatite chronique depuis longtemps, le taux d’anticorps anti-HBs doit être déterminé. Des injections supplémentaires à des dosages plus élevés peuvent être envisagées selon la réponse vaccinale (20 à 40 µg et jusqu’à 6 doses au total).

Faute de quoi un planning de 4 doses administrées à 0, 1, 2 et 12 mois peut être utilisé efficacement par exemple chez les personnes immunodéprimées ou quand une induction plus rapide de la protection est nécessaire.

Bibliographie:

Weidman M, Liebert UG, Oesen U, et al. Decreased immunogenicity of recombinant hepatitis B vaccine in chronic hepatitis C. Hepatology 2000;31(1):230-234.

De Maria N, Idilman R, Colantoni A, Harig JM, Van Thiel DH. Antibody response to hepatitis B virus vaccination in individuals with hepatitis C virus infection. Hepatology 2000;32(2):444-445.

De Maria N, Idilman R, Colantoni A, Van Thiel DH. Increased effective immunogenicity to high-dose and short-interval hepatitis B virus vaccination in individuals with chronic hepatitis without cirrhosis. J Viral Hepat 2001;8:372-376.

World Health Organization. Hepatitis B. Recommended dosages and schedules for preexposure prophylaxis with hepatitis B vaccines licensed in the USA.

Reiss G, O’Keeffe EB. Hepatitis vaccination in patients with chronic liver disease. Aliment Pharmacol Ther 2004;19(7):715-727.

Existe-t-il des associations de patients actuellement en Suisse et comment les joindre?

Auteur: Prof. Francesco Negro

Dernière mise à jour: 10 / 2007

Réponse:

En Suisse il y a deux groupes d’entraide de patients actifs.

Leurs adresses sont les suivantes:

Suisse alémanique:

Help C
Bahnhofstrasse 15
Postfach 24
8956 Killwangen
Tel.: 056 401 13 79
Fax: 056 401 13 42
http://www.epatite-info.ch
zutter.helpcdch@swissonline.ch

Suisse romande:

SOS Hépatites
La Maison des Savoises
15 rue des Savoises
1205 Geneva
Tel.: 022 731 30 21
Fax: 022 731 32 71
soshepatites-ge@bluewin.ch

Prise en charge des patients et traitement

Quelles démarches prendre auprès d’un HCV dont une récente sérologie C positive est décelée?

Auteur: PD Dr. Beat Müllhaupt

Dernière mise à jour: 10 / 2007

Réponse:

Différents tests de détection des anticorps du HCV, du génome du HCV et du génotype du HCV sont utilisés en pratique clinique pour le diagnostic et la détermination du plan de thérapeutique de traitement. La sérologie est généralement positive 4 à 6 semaines suivant l’infection. Il existe deux tests pour détecter les anticorps:

  • La méthode ELISA (Enzyme Linked Immunosorbent Assay) : test de dépistage de l'infection par le HCV, est à la base du diagnostic de l’infection chronique au HCV. Le sérum est testé par la méthode ELISA et met en évidence la présence d’anticorps anti-HCV de type IgG contre un ensemble divers de protéines de structure virale (antigène c22) et non-structurale (c33, c100, NS5). Le test est positif si au moins un des antigènes testés présente des anticorps. Un test positif doit être confirmé. Historiquement parlant, ce test était principalement réalisé par la mesure séparée d’anticorps spécifiques aux protéines du HCV, utilisés individuellement dans la technique ELISA, grâce au test Recombinant Immunoblot (RIBA, voir plus bas). Actuellement, afin de confirmer le résultat positif, on recherche l’ARN par PCR (voir plus bas).
  • Recombinant Immunoblot Assay (RIBA) : dans ce test, on détecte des anticorps IgG spécifiques dirigés contre les protéines du HCV en utilisant un test multi-antigènes selon la technique du Western Blot. La détection d’anticorps dirigés contre au moins deux antigènes confirme la positivité du test, la détection d’anticorps dirigés contre un seul antigène indique une indétermination du test (c’est-à-dire que le résultat peut être lié à des réactions croisées non spécifiques).

Similairement aux tests mettant en évidence des anticorps, un test positif signifie simplement qu’il y a eu un jour contact avec le virus. Cela ne permet en aucun cas de déterminer l’état de l’infection : cicatricielle, aiguë ou chronique. Cependant le titre des anticorps, qui diminue de façon importante suite à l’éradication du HCV peut fournir des indications relatives au statut de l’infection, tout en nécessitant des preuves de l’infection active, c’est-à-dire par la détection de l’ARN du HCV dans le sérum. Il existe des situations peu fréquentes : l’infection récente chez un immunodéprimé ou un patient hémodialysé chez qui une infection active est identifiée (présence de l’ARN du HCV dans le sérum) en l’absence d’anticorps.

C'est pourquoi dans de telles situations et préalablement au traitement, la détection directe de l'ARN virale est essentielle. Il est également très utile de quantifier la charge virale à la fois avant, pendant et après traitement, afin d’évaluer l’effet de la thérapie.

  • Les tests d'ARN du HCV : les séquences du génome virale sont trouvées dans la circulation c'est pourquoi une réplication virale active peut être évaluée par des tests standardisés et disponibles commercialement qui utilisent plusieurs techniques de biologie moléculaire (c'est à dire les techniques de PCR et d'ADN branché). En Suisse, la PCR en temps réel est fréquemment utilisée. Le seuil de détection le plus bas des kits actuellement commercialisés est de 15 UI/ml. Les tests quantitatifs présentent une gamme différente de corrélation linéaire entre le résultat obtenu et la charge virale. Au delà de cette gamme linéaire, la quantification s’avère irréalisable ; les échantillons doivent être dilués jusqu'à l’obtention d’une charge virale comprise dans les limites linéaires de l'essai. Pour interpréter correctement les variations de la charge virale, c'est à dire pour comparer la charge virale avant et pendant le traitement, il est nécessaire de garder en mémoire les caractéristiques de l'essai utilisé.

Actuellement, le génotype responsable de l'infection détermine la durée du traitement et doit être déterminé avant le traitement.

  • Le génotype du HCV: grâce à l'amplification et l'analyse de l'ARN du HCV il est possible de déterminer le génotype ou le sous-type du HCV. Le test est indiqué avant le traitement puisque la mise en route du traitement et sa durée dépendent largement de celui-ci.

Au delà d'une sérologie positive du HCV ou de l'ARN du HCV, d'autres causes d'hépatopathie (c'est à dire l'alcool, l'hépatite B, l'hémochromatose, les maladies auto-immunes, etc.) doivent être recherchées. Il est aussi nécessaire d'évaluer les conséquences structurelles et fonctionnelles de l'hépatite chronique C sur le foie comme : une cirrhose, des signes d'hypertension portale ou un carcinome hépatocellulaire, par un examen clinique, une échographie hépatique et des tests de laboratoire. Il est souvent nécessaire d’effectuer une biopsie hépatique pour évaluer le niveau d'inflammation hépatique et le stade de fibrose, ceci pour déterminer le pronostic de la maladie et le traitement adéquat.

Bibliographie:

Pawlotsky JM. Use and interpretation of virological tests for hepatitis C. Hepatology 2002;36:S65-73.

Dienstag JL. The role of liver biopsy in chronic hepatitis C. Hepatology 2002;36:S152-60.

Quand faire appel à un spécialiste (gastro-entérologue ou un hépatologue)?

Auteur: Prof. Markus H. Heim

Dernière mise à jour: 10 / 2007

Réponse:

On doit faire appel à un spécialiste quand un traitement est envisagé, il déterminera l'éventualité d'un traitement et le type de régime associé. Les malades ayant une fonction hépatique altérée doivent également consulter un gastro-entérologue ou un hépatologue.

Quel est le rôle de la biopsie hépatique dans le traitement de l’hépatite C?

Auteur: Dr. Beat Helbling

Dernière mise à jour: 10 / 2007

Réponse:

Le traitement est habituellement efficace dans 50% des cas. En raison des effets secondaires et du coût du traitement, il est essentiel de le démarrer uniquement lorsque la maladie est significative. C'est pourquoi, avant de commencer le traitement il est essentiel d’identifier précisément le stade de la maladie. La biopsie hépatique est à ce jour l'outil le plus sûr et le plus efficace qui soit. La biopsie hépatique doit être réalisée avant traitement. Il est rare, et ceci après avis d'un spécialiste chez certains patients, que la biopsie hépatique soit contre-indiquée ou inutile.

Bibliographie:

Strader D, Wright T, Thomas DL, Seeff LB. Diagnosis, Management, and Treatment of Hepatitis C. AASLD practiceguidelines. Hepatology 2004;39:1147-1171.

Quand et comment l’hépatite C doit-elle être traitée?

Auteur: Dr. Beat Helbling

Dernière mise à jour: 10 / 2007

Réponse:

Le traitement standard de l'hépatite C associe l'interféron péguilé (12 KD = PegIntron® ou 40 kD = Pegasys®) et la Ribavirine. Pour les génotypes 2 et 3, 24 semaines de traitement sont suffisantes, pour tous les autres génotypes 48 semaines sont nécessaires. La décision de la mise en route du traitement dépend de l'évolution naturelle de l'hépatite C : l’hépatite C est responsable de 5% des décès chez les malades porteurs de celle-ci, elle accompagne les 95% restants qui mourront de causes différentes.

Les malades suivants doivent être traités:

  • Les patients ayant des symptômes et un désir profond de se traiter.
  • Les malades ayant une fibrose significative (F2, F3). L'évaluation de la fibrose est faite par une biopsie hépatique.

Les patients suivants peuvent être traités:

  • Les patients ayant un génotype 2 ou 3 au stade précoce.
  • Les patients ayant des transaminases normales.

Les patients suivant n’ont pas besoin de subir le traitement:

  • Les génotypes défavorables particulièrement quand la fibrose est peu évoluée (F0 ou F1).
  • Les patients dont une autre maladie concomitante affecte significativement l'espérance de vie.

La dose de PegIntron® est administrée en fonction du poids : 1,5 µg/kg de masse corporelle une fois par semaine. La dose de Pegasys® est de 180µg par semaine. La dose de Ribavirine est de 1000 mg pour les patients de moins de 75 kg, pour les patients plus corpulents une dose de 1200 mg est recommandée. Dans les groupes de génotype 2 ou 3, une dose de 800 mg de ribavirine par jour est suffisante lorsqu’associée au Pegasys®.

Pendant le traitement, les tests de laboratoire suivants doivent être réalisés 1 fois par semaine le premier mois, mensuellement ensuite:

  • Hématogramme incluant le taux de plaquettes et de neutrophils;
  • Créatinine;
  • ALAT.

Avant le traitement, une recherche des anticorps antinucléaires et de la TSH doit être réalisée. Ces dosages doivent être répétés 6 mois après le début du traitement en cas de suspicion clinique. Cela permet de diagnostiquer précocement une maladie auto-immune déclenchée par le traitement. Pour les patients chez qui le traitement dure 48 semaines (c'est à dire Génotypes 1 et 4) une évaluation de la charge virale est réalisée à 12 semaines. Si la quantité de virus ne diminue pas de 2 logs par rapport à la charge virale préthérapeutique, il est prévisible que le traitement ne sera par efficace avec une certitude de 97-100%. Le traitement sera donc interrompu après 12 semaines pour non réponse.

Une clairance du virus (réponse virologique soutenue) se définit par l'absence de virus 6 mois après la fin du traitement. La probabilité de rechute est de 1% par an chez ces patients. Le taux de réponse virologique soutenue attendu est de:

  • G1 : 50%
  • G2 : 80-90%
  • G3 : 70%

Bibliographie:

Grob PJ, Negro F, Renner EL. Hepatitis C Virus Infektion - Übersicht. PRAXIS 2000;89:1587-1607.

Strader D, Wright T, Thomas DL, Seeff LB. Diagnosis, Management, and Treatment of Hepatitis C. AASLD practiceguidelines. Hepatology 2004;39:1147-1171.

Zeuzem S, Hultcrantz R, Bourliere M, et al. Peginterferon alfa-2b plus ribavirin for treatment of chronic hepatitis C in previously untreated patients infected with HCV genotypes 2 or 3. J Hepatol 2004;40:993-999.

Quels paramètres déterminent le traitement de manière individuelle?

Auteur: Prof. Peter Erb

Dernière mise à jour: 10 / 2007

Réponse:

Les critères de traitements d'une hépatite C aiguë sont l'apparition d'anticorps anti-HCV, la présence d'ARN du HCV, et un taux de transaminases élevé.

Les indications de traitement de l'hépatite C chronique sont:

  • Des enzymes hépatiques élevées depuis plus de 6 mois;
  • Un taux de l’ARN du HCV détectable dans le sérum;
  • Des preuves d'inflammation et de fibrose hépatique révélées par la biopsie hépatique.

Une forte charge virale associée à un génotype 1, 4, 5 ou 6 rend le traitement difficile et allonge sa durée. Le suivi du traitement est réalisé par la détermination quantitative de l'ARN du HCV et des transaminases.

Les contre-indications incluent des comorbidités, des troubles psychiatriques mal contrôlés, des maladies auto-immunes, une mauvaise observance dérivant de la consommation active de drogues ou d'alcool.

Bibliographie:

Grob PJ, Negro F, Renner EL. Hepatitis C Virus Infektion - Übersicht. PRAXIS 2000;89:1587-1607.

Quelles sont les réponses au traitement attendues?

Auteur: Prof. Jean-Jacques Gonvers

Dernière mise à jour: 10 / 2007

Réponse:

Plusieurs essais cliniques ont montré que les interférons péguilés représentent le nouveau standard en matière de traitement de l'hépatite C. Le génotype du HCV est le premier facteur prédictif de réponse au traitement. Chez des sujets naïfs, le taux de réponse virologique soutenu, défini comme l'absence d'ARN du HCV 6 mois après la fin du traitement, peut être obtenu chez:

  • 42% des malades ayant un génotype 1, traités avec du peginterféron alpha-2b (PegIntron®) 1,5 µg/kg par semaine associé à la ribavirine 800 mg/jours oralement pendant 48 semaines.
  • 46% des patients, traités par peginterféron alpha-2a (Pegasys®) 180µg par semaine associé à la ribavirine 1000/1200 mg oralement pendant 48 semaines.

Un traitement plus court de 24 semaines s’est avéré être aussi efficace qu’un traitement de 48 semaines pour les génotypes 2et 3. Un taux de réponse virologique soutenue est obtenu chez 84% des malades ayant un génotype 2 et 3 traités par peginterferon alpha 2a et 93% des malades ayant un génotype 2, puis chez 79% des malades de génotype 3 traités par peginterferon alpha-2b.

Tous les malades souffrant d’hépatite chronique C sont candidats potentiels au traitement antiviral. Le rapport « bénéfice/risques » doit être évalué de manière individuelle. Les facteurs comme l'âge, l'état général, l'existence de symptômes et le génotype du HCV doivent être pris en considération. Le traitement est indiqué chez les malades à haut risque de développer une cirrhose. Ces patients possèdent un ARN du HCV détectable et une fibrose extensive à la biopsie.

Bibliographie:

Manns MP, McHutchison JG, Gordon SC, et al. Peginterferon alfa-2 plus ribavirin compared with interferon alfa-2b plus ribavirin for initial treatment of chronic hepatitis C: a randomised trial. Lancet 2001;358:958-965.

Fried MW, Shiffman ML, Reddy RK, et al. Pegylated (40 kDa) Interferon Alfa-2a (PEGASYS®) in Combination With Ribavirin: Efficacy and Safety Results From a Phase III, Randomized, Actively-Controlled, Multicenter Study. Gastroenterology 2001;120(Suppl.):A-55.

Hadziyannis SJ, Sette Jr H, Morgan T, Balan V , Diago M, Marcellin P. Peginterferon alfa-2a (40 kD) and ribavirin combination therapy in chronic hepatitis C: randomized study of the effect of treatment duration and ribavirin dose. Ann Intern Med 2004;140:346-355.

Zeuzem S, Hultcrantz R, Bourliere M, et al. Peginterferon alfa-2b plus ribavirin for treatment of chronic hepatitis C in previously untreated patients infected with HCV genotypes 2 or 3. J Hep 2004;40:993-999.

National Institutes of Health Consensus Development Conference Statement. Management of hepatitis C. Hepatology 2002;36:S3-S20.

Quels sont les effets secondaires liés au traitement (interféron et ribavirine)?

Auteur: Prof. Markus H. Heim

Dernière mise à jour: 10 / 2007

Réponse:

Les effets secondaires les plus fréquents, liés à l'interféron (tout comme l'interféron péguilé) sont : la céphalée, la fatigue, les douleurs musculaires, les douleurs des extrémités, l’arthralgie, la fièvre, l’alopécie, le prurit, la sécheresse cutanée, la perte d'appétit, la nausée, la perte de poids, les troubles du sommeil, la dépression, l’irritabilité. Pendant le traitement, une leucopénie et une thrombopénie sont souvent mises en évidence. Des modifications du goût et des dysfonctions de la thyroïde apparaissent rarement. En général, ces effets secondaires se présentent durant le traitement par interféron et disparaissent rapidement après la fin du traitement.

L’anémie est fréquente quand l'interféron est associé à la ribavirine. Celle-ci est lié à une hémolyse.

Bibliographie:

Grob PJ, Negro F, Renner EL. Hepatitis C Virus Infektion - Übersicht. PRAXIS 2000;89:1587-1607.

Arzneimittel Kompendium der Schweiz 2002

Existe-t-il des moyens pour soulager les malades?

Auteur: Prof. Markus H. Heim

Dernière mise à jour: 10 / 2007

Réponse:

La douleur (céphalée, myalgie et arthralgies), les tremblements et la fièvre liés à la bithérapie avec l'interféron (et l’interféron péguilé) ainsi que la ribavirine peuvent être soulagés par le paracétamol. Si une dépression survient, un traitement antidépresseur par inhibiteur de la recapture de la sérotonine permet d'améliorer l'humeur et la condition générale des patients. La sécheresse de la peau et le prurit associé peuvent être traités par l’emploi de crèmes émollientes. L’anémie hémolytique peut être traitée par la réduction de la dose de ribavirine. Dans certains cas, de leucopénie et de thrombopénie, la diminution de la dose d'interféron est envisageable.

Bibliographie:

Grob PJ, Negro F, Renner EL. Hepatitis C Virus Infektion - Übersicht. PRAXIS 2000;89:1587-1607.

Moradpour D, Cerny A, Heim MH, Blum H. Hepatitis C: an update. Swiss Med Wkly 2001;131:291-298.

Peut-on traiter les enfants atteints d'hépatite C?

Auteur: Prof. Jean-François Dufour

Dernière mise à jour: 10 / 2007

Réponse:

La prévalence de l'hépatite C chez les enfants vivant dans les pays occidentaux est estimée de 0,1 à 0,4%. L'hépatite C est généralement acquise par transfusion et verticalement c'est à dire par voie périnatale. L’hépatite chronique C se caractérise chez l’enfant par une faible augmentation des transaminases, une charge virale élevée, des modifications histologiques minimes et également une tendance moindre aux manifestations extra-hépatiques. On peut prévoir un taux plus élevé d’élimination virale chez l’enfant que chez l’adulte. Le taux d’évolution en cirrhose est moins élevé chez la femme que chez l’adulte.

Très peu de tests de traitement par l'interféron chez l'enfant ont été réalisés ; ceux qui l’ont été concernent un faible nombre d'enfants présentant une maladie associée comme la thalassémie ou l’hémophilie. Le taux de réponse virologique soutenue à l'interféron est comparable à celui obtenu chez l'adulte. Les effets secondaires sont moins sévères. En général, il est recommandé de traiter l’enfant dans le cadre d'études. Le traitement par ribavirine n'a pas été suffisamment évalué chez l'enfant et il n'existe pas de données fiables sur la tolérance et l'efficacité.

Bibliographie:

Schwarz KB, Mohan P, Narkewicz MR, et al. Safety, efficacy and pharmacokinetics of peginterferon alpha2a (40 kd) in children with chronic hepatitis C. J Pediatr Gastroenterol Nutr 2006;43:499-505.

Gonzalez-Peralta RP, Kelly DA. Interferon alfa-2b in combination with ribavirin for the treatment of chronic hepatitis C in children: efficacy, safety, and pharmacokinetics. Hepatology 2005;42:1010-1018.

Quelle surveillance instituer chez les personnes traitées par interféron et/ou ribavirine?

Auteur: Prof. Jean-François Dufour

Dernière mise à jour: 10 / 2007

Réponse:

Il est très important de comprendre et de repérer les contre-indications d’un traitement continu, prenant en compte la non observance et l’usage actif de drogues par voie intraveineuse. L'interféron doit être utilisé avec précaution chez les malades ayant des antécédents de dépression, des maladies auto-immunes, une cirrhose décompensée, une leucopénie ou une thrombopénie. La ribavirine ne doit pas être utilisée chez les personnes n'acceptant pas de suivre une contraception pendant le traitement et 6 mois après. La ribavirine ne doit pas être administrée aux personnes présentant une anémie et devrait être prescrite avec précaution chez les personnes ayant une maladie vasculaire et une coronaropathie. Avant de démarrer un traitement, un hémogramme et des analyses doivent être réalisés chez le patient pour les éléments suivants : TSH, anticorps anti-nucléaires et transaminases. Ces bilans seront répétés mensuellement. Il a récemment été suggéré que le traitement peut être raccourci en fonction de la charge virale à la quatrième semaine. Il est très important d'évaluer la charge virale après 12 semaines pour les génotypes 1. Si la charge virale n'a pas diminué de plus de 2 logs par rapport à la charge virale initiale, il sera inutile de poursuivre le traitement car le patient ne répondra pas. Il est également important d’informer le patient préalablement au traitement que la guérison ne pourra être évaluée que 6 mois après la fin du traitement.

Quand doit-on interrompre le traitement?

Auteur: Prof. Jean-François Dufour

Dernière mise à jour: 10 / 2007

Réponse:

Les deux raisons les plus importantes d’interruption du traitement de l’hépatite chronique C sont:

  • L'apparition d'un effet secondaire sérieux ou menaçant le pronostic vital secondaire au traitement par interféron et ribavirine :
  • leucopénie < 1,0 G/l, neutropénie < 0,5 G/l, thrombopénie < 25 G/l, hémoglobine < 8,5 g/dl ou chute d’hémoglobine > de 2 g/dl 4 semaines après une première réduction du dosage, augmentation de la créatinine sérique > 200 µmol/l, augmentation du rapport ALAT/ASAT > 2 limite de base ou > 10 fois la limite supérieur de la normale ou augmentation de la bilirubine > 50 mol/l pour plus de 4 semaines ; une augmentation des transaminases pendant un traitement par interféron doit faire évoquer la possibilité, même rare, d'une hépatite auto-immune en réponse à l’interféron.
  • L'existence de symptômes psychiatriques, en particulier la dépression (environ 1%) ou des crises d’épilepsie (environ 1%).
  • La non réponse virologique au traitement:
  • La probabilité de guérison est quasi-nulle si la charge virale n'a pas baissé de plus de 2 logs à 12 semaines de traitement en cas d'infection par les génotypes 1 et 4. Si cette situation se présente, le traitement doit être interrompu.

Bibliographie:

Tong MJ, Blatt LM, McHutchison JG, Co RL, Conrad A. Prediction of response during interferon alfa 2b therapy in chronic hepatitis C patients using viral and biochemical characteristics: a comparison. Hepatology 1997;26:1640-1645.

Quand peut-on considérer le patient comme guéri?

Auteur: PD Dr. Beat Müllhaupt

Dernière mise à jour: 10 / 2007

Réponse:

Quand l'ARN du HCV n'est plus détecté 6 mois après l'arrêt du traitement, le risque de rechute est quasi-nul. Les patients n’ayant plus d'ARN détectable 6 mois après la fin du traitement sont donc considérés comme guéris.

Bibliographie:

Grob PJ, Negro F, Renner EL. [Hepatitis C virus infection. Overview. SEVHEP (Swiss Experts on Viral Hepatitis)]. Schweiz Rundsch Med Prax 2000;89:1587-1604.

Quelles sont les alternatives au traitement chez les patients résistant à la monothérapie par interféron?

Auteur: Dr. Beat Helbling; beat.helbling@waid.zuerich.ch

Dernière mise à jour: 07 / 2012

Réponse: 016-F

La monothérapie par interféron ne devrait plus être utilisée dans le traitement de l'hépatite C. Le traitement de référence est l'association interféron pegylé et ribavirine. Le retraitement avec cette bithérapie doit être considéré quand il y a eu non réponse à une monothérapie à l'interféron. Chez les patients ayant été traités avec de l'interféron conventionnel en monothéraoie, le retraitement avec la combinaison classique (interféron pegylé et ribavirine) permet d'obtenir une éradication virale chez 20-40% des individus. Le taux d’éradication sera plus bas chez les patients qui n’ont pas répondu à la monothérapie et plus élevé chez ceux qui ont rechuté après une monothérapie. Les patients de génotype autre que 1 et qui ont rechuté après une monothérapie auront de bonnes chances de succès avec un traitement combinant l’interféron pegylé et la ribavirine. Pour les non-répondants à la monothérapie de génotype 1 il convient d’attendre les trithérapies combinant l’interféron pégylé, la ribavirine et un inhibiteur de polymérases (télaprévir ou bocéprévir) qui devraient être autorisés en Suisse dès 2012.

Bibliographie:

AASLD Practice Guidelines: Diagnosis, Management, and Treatment of Hepatitis C: An Update Marc G. Ghany,1 Doris B. Strader,2 David L. Thomas,3 and Leonard B. Seeff; Hepatology 2009;1335-1374

Zeuzem S. Heterogeneous virologic response rates to interferon-based therapy in patients with chronic hepatitis C: who responds less well? Ann Intern Med 2004;140(5):370-381.

Quelles sont les alternatives thérapeutiques chez les sujets n'ayant pas répondu au traitement par interféron-ribavirine?

Auteur: Dr. Beat Helbling; beat.helbling@waid.zuerich.ch

Dernière mise à jour: 07 / 2012

Réponse: 014-F

Les patients n’ayant pas répondu au traitement par interféron pégylé-ribavirine ont plusieurs options pour le re-traitement. Le taux de succès du second traitement dépend du type de réponse du patient au premier traitement. Les patients qui n’ont pas répondu au premier traitement se divisent en deux groupes principaux: les non-répondeurs (la charge virale baisse durant les 12 premières semaines de traitement de< 1 log) et les patients« relapsers », chez lesquels le virus a disparu sous traitement, mais est réapparu après la fin du traitement. Chez les patients « relapsers », la thérapie prolongée combinant l’interféron pégylé et la ribavarine peut apporter plus de succès. Les patients ayant un génotype 1 peuvent bénéficier des nouveaux inhibiteurs de protéase spécifiques de l’hépatite C. Ces nouvelles trithérapies, qui devraient être disponibles dès 2012, se composeront de l’administration hebdomadaire d’interféron pégylé, d’une double dose quotidienne de ribavirine et de trois doses quotidiennes de télaprevir ou de bocéprévir. Ces options ne sont pas applicables pour les génotypes autres que le 1.

Bibliographie:

Grob PJ, Negro F, Renner EL. Hepatitis C Virus Infektion - Übersicht. PRAXIS 2000;89:1587-1607.

von Herbay A, Stahl W, Niederau C, et al. Vitamin E improves the aminotransferase status of patients suffering from viral hepatitis C: A randomized, double-blind, placebo-controlled study. Free Radical Res 1997;27:599-605.

Takano S, Ito Y, Yokosuka O, et al. A multicenter randomized controlled dose study of ursodeoxycholic acid for chronic hepatitis C. Hepatology 1994;20:558-564.

Yano M, Hayashi H, Wakusawa S, et al. Long term effects of phlebotomy on biochemical and histological parameters of chronic hepatitis C. Am J Gastroenterol 2002;97:133-137.

Quels traitements et quels médicaments sont recommandés pour les enfants atteints d'hépatite C?

Auteur: Prof. Dominique Belli

Dernière mise à jour: 10 / 2007

Réponse:

L'hépatite C est le plus souvent transmise verticalement, c'est à dire de mère à enfant. Des études internationales en particulier en Italie et en Espagne montrent qu'il n'y a pas suffisamment d'activité chez les enfants pour utiliser l'interféron conventionnel. Cependant, il a été noté que ces enfants pouvaient développer une cirrhose beaucoup plus rapidement que chez les enfants porteurs d’hépatite chronique B nécessitant un traitement rapide et efficace. Le département de gastro-entérologie pédiatrique et le département de pédiatrie de l'hôpital universitaire de Genève ont travaillé avec le groupe d'étude européen sur le traitement des enfants avec de l'interféron péguilé et de la ribavirine. En général, ces substances sont mieux tolérées chez l'enfant. Nous espérons que les résultats seront plus favorables chez l'enfant que chez l'adulte car la durée de l'infection est souvent plus courte.

Bibliographie:

Delgado-Borrego A, Jonas MM. Treatment options for hepatitis C infection in children. Curr Treat Options Gastroenterol 2004;7:373-379.

Gonzalez-Peralta RP, Kelly DA. Interferon alfa-2b in combination with ribavirin for the treatment of chronic hepatitis C in children: efficacy, safety, and pharmacokinetics. Hepatology 2005;42:1010-1018.

Groupes particuliers de patients

Quelles mesures appliquer chez les patients ayant des manifestations extra-hépatiques liées à l'hépatite C?

Auteur: Prof. Francesco Negro

Dernière mise à jour: 10 / 2007

Réponse:

Les manifestations extra-hépatiques de l'hépatite C sont fréquentes et multiples ; elles peuvent affecter significativement la qualité de vie des patients qui en souffrent. Leur prise en charge nécessite un diagnostic, un aiguillage vers des spécialistes et un traitement approprié, y compris mais non limité à l'administration d'antiviraux.

Le diagnostic devrait permettre d'identifier une maladie extra-hépatique progressive, comme le diabète ou une insuffisance rénale, qui bénéficierait d'un traitement précoce. Une collaboration étroite entre endocrinologues, néphrologues, neurologues et autres spécialistes est indiquée.

Les patients ayant une cryoglobulinémie de type 2 doivent recevoir un traitement soulageant les douleurs articulaires et les raideurs matinales qui peuvent être invalidantes. L'administration à long terme d'AINS ne doit pas être contre-indiquée en raison d’une maladie hépatique sous-jacente sauf en cas de cirrhose avancée. Il peut être difficile de gérer une fatigue intense chez le patient, qui doit être rassuré sur son pronostic voire soutenu psychologiquement. Les hépatologues doivent envisager que certains patients se tourneront vers des médecines alternatives. L'utilisation de plantes ou autres remèdes exotiques est fréquemment sous-estimée. Cela peut compliquer l’identification des effets secondaires indésirables ainsi que des interactions imprévisibles avec les antiviraux.

La plupart des manifestations extra-hépatiques dues au HCV peuvent être traitées de concert avec la guérison de l'hépatite grâce à la bithérapie par interféron péguilé et ribavirine. Certaines manifestations (telles que les ulcères cutanés, le lichen plan, les thyroïdites auto-immunes et peut-être des troubles neurologiques) nécessitent une attention spéciale et peuvent être induites ou exacerbées par l'interféron alpha. La ribavirine est contrindiquée en cas d’insuffisance rénale terminale, même si celle-ci est causée par le HCV.

Bibliographie:

Lunel F, Cacoub P. Treatment of autoimmune and extrahepatic manifestations of hepatitis C virus infection. J Hepatol 1999;31(Suppl 1):210-216.

Mehta S, Levey JM, Bonkovsky HL. Extrahepatic manifestations of infection with hepatitis C virus. Clin Liver Dis 2001;5:979-1008.

Quelles mesures appliquer chez les patients souffrant de cirrhose virale C?

Auteur: Prof. Francesco Negro

Dernière mise à jour: 10 / 2007

Réponse:

La prise en charge générale de la cirrhose virale C ne diffère pas de celle des autres types de cirrhoses. En règle générale, le patient souffrant de cirrhose doit:

  • Subir une échographie hépatique deux fois par ans pour le dépistage du CHC;
  • Subir une endoscopie digestive haute une fois par an pour le dépistage des varices œsophagiennes à risque de rupture;
  • Interrompre absolument toute consommation d'alcool. En cas de cirrhose compensée, aucun autre régime n'est recommandé.

La préconisation de la vaccination contre les virus de l'hépatite A et B chez ces patients est controversée. Comme la prévalence de ces infections est élevée dans cette population, le vaccin ne doit être administré qu'aux patients n'étant pas immunisés naturellement. La présence d'une cirrhose compensée ne constitue pas une contre-indication à un traitement antiviral. Cependant, la fibrose évoluée étant un facteur de non-réponse au traitement, le bénéfice escompté doit être évalué en fonction du risque de toxicité (en particulier de suppression médullaire) qui peut menacer le pronostic viral dans cette circonstance.

Les patients ayant une cirrhose décompensée due au HCV doivent être transplantés.

Bibliographie:

Sherman M. Surveillance for hepatocellular carcinoma. Semin Oncol 2001;28(5):450-459.

Colombo M. Natural history and pathogenesis of hepatitis C virus related hepatocellular carcinoma. J Hepatol 1999;31(Suppl 1):25-30.

McGuire BM. Safety of endoscopy in patients with end-stage liver disease. Gastrointest Endosc Clin N Am 2001;11:111-130.

Quelles mesures appliquer chez les patients co-infectés HBV-HCV?

Auteur: Dr. Beat Helbling

Dernière mise à jour: 10 / 2007

Réponse:

Il d’abord essentiel de confirmer la co-infection. Pour le HCV, il faudra confirmer la sérologie HCV et la présence d'ARN du HCV (PCR). En ce qui concerne le HBV, la présence des anticorps anti-HBc, de l’HBsAg et de l’ADN du HBV doivent être confirmées (ce dernier sera évalué par PCR). Les exceptions suivantes seront prises en compte:

  • En cas d'hépatite C active, l'HBsAg peut disparaître ; cependant, dans ce cas, on détecte des anticorps anti-HBc isolés.
  • En cas d'infection HBV confirmée, l'anti-HCV peut manquer (mais l'ARN du HCV doit être présent pour confirmer la co-infection).
  • Les limites de détection des essais actuels pour la détection de l'ARN du HCV et l'ADN du HBV sont toujours élevées. Cela signifie qu'un test positif met en évidence l'infection correspondante. Cependant, un test négatif n'exclut pas obligatoirement cette infection (niveau faible d’infection).

Les deux virus répondent au traitement par interféron alpha. Le traitement est donc identique à celui prévu en cas de mono-infection par le HCV. Les patients cirrhotiques co-infectés par le HBV-HCV courent un risque accru de développer un CHC environ 2 à 3 fois supérieur aux patients mono-infectés.

Bibliographie:

Grob PJ, Negro F, Renner EL. Hepatitis C Virus Infektion - Übersicht. PRAXIS 2000;89:1587-1607.

Dufour RD, Lott JA. Laboratory guidelines for screening, diagnosis and monitoring of hepatic injury. Clinical Chemistry 2000;12:1-60.

Quelles mesures appliquer chez les patients co-infectés par le HIV et le HCV?

Auteur: Dr. Markus Flepp

Dernière mise à jour: 10 / 2007

Réponse:

Les infections par le HIV et par le HCV ont une influence négative l'une sur l'autre. Le traitement de l'hépatite chronique C chez les patients ayant une co-infection par le HIV est légèrement différent de celui des patients mono-infectés par le HCV. Le traitement simultané de l'hépatite chronique C par l'interféron péguilé et la ribavirine avec celui de l'infection HIV par des combinaisons antirétrovirales (qui contiennent des inhibiteurs de la transcriptase inverse) peut entraîner un accroissement des effets secondaires.

Les patients co-infectés HIV-HCV sous traitement antirétroviral présentent une augmentation moindre du taux de CD4 (CD4 + lymphocytes) que chez les patients non infectés simultanément par le HCV. Cependant, l'hépatite C chez des patients HIV progresse plus vite que chez les non-HIV. Les patients co-infectés présentent un risque de cirrhose et d’insuffisance hépatique 2 à 6 fois supérieur aux patients infectés HIV négatif. Une immunodéficience plus sévère (CD4 < 200/mm3) est associée à une progression plus rapide de la fibrose. Aujourd’hui, l’insuffisance hépatique et la cause la plus fréquente de décès chez les patients HIV positifs.

En cas d'infection par HIV stable sans immunodéficience marquée (CD4 > 200/mm3), les mêmes indications ou contre-indications s'appliquent que chez les patients n'ayant pas de co-infection HIV/HCV. Comme dans le cas des patients mono-infectés par le HCV, le traitement actuel repose sur la bithérapie interféron péguilé et ribavirine. Cependant, une réponse virologique soutenue est moins fréquemment obtenue, c'est à dire 14 – 29 % dans le génotype 1 et 43 – 79 % (après 48 semaines de traitement) dans les génotypes 2/3. Une chute temporaire des CD4 (en moyenne de 140/mm3) doit également être anticipée.

En raison d’un profil similaire des effets secondaires de l'interféron péguilé, de la ribavirine et des substances anti-rétrovirales comme l'AZT, l'utilisation simultanée de ces médicaments résulte en l'accentuation de ces effets. Les effets secondaires hématologiques en particulier sont plus fréquents, tout comme le sont les effets secondaires psychiatriques (en particulier chez les patients recevant de l'efavirenz). Le traitement simultané par didanosine (ddI) est associé à un risque de 40 fois supérieur de toxicité mitochondriale (acidose lactique, pancréatite) et devrait être évité autant que possible. Contrairement au traitement de l'infection par le HIV, le traitement de l’infection par le HCV est limité dans le temps. De plus, cette affection est potentiellement curable. Le meilleur moment pour débuter un traitement anti-HCV se présente avant l'introduction d'une thérapie antirétrovirale. Les individus HIV-positifs demandant un traitement antirétroviral doivent obtenir leur thérapie en même temps. Il faut donc s’attendre à une restauration immunitaire.

Bibliographie:

Grob PJ, Negro F, Renner EL. Hepatitis C Virus Infektion - Übersicht. PRAXIS 2000;89:1587-1607.

Greub G, Ledergerber B, Battegay M, et al. Impact of HCV Infection on HIV Progression, Survival and Immuine Recovery. The Swiss HIV Cohort Study. Lancet 2000;356:1800-1805.

Graham CS, Baden LR, Yu E, et al. Influence of human immunodeficiency virus infection on the course of hepatitis C virus infection: a meta-analysis. Clin Infect Dis 2001;33:562-569.

Benhamou Y, Bochet M, Di Martino V, et al. Liver Fibrosis Progression in Human Immunodeficiency Virus and Hepatitis C Virus Coinfected Patients. Hepatology 1999;30:1054-1058.

Bica I, McGovern B, Dhar R, et al. Increasing mortality due to end-stage liver disease in patients with human immunodeficiency virus infection. Clin Infect Dis 2001;32:492-497.

Swiss Association for the Study of the Liver (SASL), Schweizerische Expertengruppe für Virale Hepatitis (SEVHEP), Schweizerische Gesellschaft für Gastroenterologie und Hepatologie (SGGH), Fachgesellschaft der Schweizerischen FMH Gastroenterologen (FAGAS), Eidgenössische Kommission für AIDS-Fragen (EKAF), Subkommissionen Klinik (SKK) und Serologie/Immunologie/Virologie (SIV). Empfehlungen zur Therapie der Chronischen Hepatitis C. SASL Newsletter 2000;No 4:3-6.

Chung R, Andersen J, Volberding P, et al. A Randomized, Controlled Trial of PEG-Interferon-alfa-2a plus Ribavirin vs Interferon-alfa-2a plus Ribavirin for Chronic Hepatitis C Virus Infection in HIV-co-infected Persons: Follow-up Results of ACTG A5071. 11th CROI, San Francisco 2004, Abstract 110.

Perronne C, Carrat F, Bani-Sadr F, et al. Final Results of ANRS HC02-RIBAVIC: A Randomized Controlled Trial of Pegylated-Interferon-alfa-2b plus Ribavirin vs Interferon-alfa-2b plus Ribavirin for the Initial Treatment of Chronic Hepatitis C in HIV Co-infected Patients. 11th CROI, San Francisco 2004, Abstract 117LB.

Torriani FJ, Rodriguez-Torres M, Rockstroh JK, et al for the APRICOT Study Group. Peginterferon Alfa-2a plus Ribavirin for Chronic Hepatitis C Virus Infection in HIV-Infected Patients. NEJM 2004;351:438-450.

Personnel médical

Quel risque d'infection par le HCV encourt-on suite à une piqûre d’aiguille contaminée?

Auteur: Dr. Markus Flepp

Dernière mise à jour: 10 / 2007

Réponse:

Le risque de transmission du HCV après exposition percutanée à du sang infecté (c'est à dire due à une piqûre ou à une coupure) dépend de l’état d’infection de la personne source. Si seuls les anticorps anti-HCV sont détectés, le risque est de 2 % (0 – 7 %), dans le cas de la détection de l'ARN du HCV ce risque augmente jusqu’à 10 %. Le risque d’infection est en moyenne 10 fois plus important que celui du HIV et en comparaison 10 fois moindre que le HBV (HBsAg positif chez le sujet source, et anti-HBe positif ou négatif)

Une infection contractée suite à une exposition à une lésion muqueuse ou à une lésion cutanée est extrêmement rare. Dans les études d'incidence prospective, aucun cas n'a été enregistré. A notre connaissance, deux cas existent, l'un d’eux indiquant une exposition oculaire à du sang contaminé.

Aucun vaccin n'existe contre l'hépatite C. Selon des données récentes, le traitement de l'hépatite C aigue par l'interféron alpha permet d'éviter le passage à la chronicité.

Bibliographie:

Alter MJ. The epidemiology of acute and chronic hepatitis C. Clin Liver Dis 1997;1:559-568.

Lanphear BP, Linnemann CC Jr, Cannon CG, DeRonde MM, Pendy L, Kerley LM. Hepatitis C virus infection in healthcare workers: risk of exposure and infection. Infect Control Hosp Epidemiol 1994;15:745-750.

Puro V, Petrosillo N, Ippolito G, Italian Study Group on Occupational Risk of HIV and Other Bloodborne Infections. Risk of hepatitis C seroconversion after occupational exposure in health care workers. Am J Infect Control 1995;23:273-277.

Mitsui T, Iwano K, Masuko K, et al. Hepatitis C virus infection in medical personnel after needlestick accident. Hepatology 1992;16:1109-1114.

Sartori M, La Terra G, Aglietta M, Manzin A, Navino C, Verzetti G. Transmission of hepatitis C via blood splash into conjunctiva [Letter]. Scand J Infect Dis 1993;25:270-271.

Ippolito G, Puro V, Petrosillo N, et al. Simultaneous infection of HIV and hepatitis C virus following occupational conjunctival blood exposure [Letter] JAMA 1998;280:28.

Jaeckel E, Cornberg M, Wedemyer H, et al. Treatment of Acute Hepatitis C with Interferon Alpha-2b. NEJM 2001;345;1452-1457.

Quelles mesures doit prendre le personnel médical après un contact avec du sang HCV positif?

Auteur: Dr. Markus Flepp

Dernière mise à jour: 10 / 2007

Réponse:

L'infection par HCV acquise au cours de l'exercice professionnel doit être documentée, reportée et suivie pour un grand nombre de raisons, en plus des conséquences thérapeutiques qu’elle engendre.

Des mesure générales d'urgence sont possibles après exposition percutanée (c'est à dire aiguille, scalpel etc..) incluant le lavage de la zone exposée avec de l'eau et du savon, suivi d'une désinfection avec de l'alcool. Une zone cutanée ouverte doit être nettoyée avec de l'eau et du savon puis désinfectée avec une solution antiseptique non irritante (Iodophor PVP). Une exposition muqueuse ou conjonctivale nécessite un lavage continu avec de grandes quantités de sérum physiologique ou d'eau. Dans le cas d'une exposition buccale, la bouche peut être rincée avec une solution alcoolique à 20 – 30 % ou avec un lavage de bouche à l’iodophor PVP.

Si le statut HCV, HBV et HIV du patient source est inconnu, il ou elle doit subir une test sanguin pour détecter l'existence d'une maladie infectieuse, établir un rapport de référence et consulter immédiatement (un médecin du personnel, un médecin d’entreprise, les service d'urgence)

Les mesures à prendre concernant l'hépatite C et la personne source comprennent la recherche d'anticorps anti-HCV (si il ou elle ne connaît pas sa sérologie). Pour le personnel exposé, les manifestations doivent être correctement documentées, des prélèvements pour la recherche d’anticorps anti-HCV et de transaminases doivent être réalisés à M0, M3 et M6. Dans le cas d'une hépatite aigue ou d'une séroconversion, un traitement doit être envisagé.

Pour des raisons d’assurance et d’ordre technique, une exposition professionnelle de nature médicale nécessite une déclaration d'accident du travail. Une infection par le HCV acquise dans l'exercice de la profession doit être indiquée au moyen d'un questionnaire de l’Office Fédéral de la Santé Publique « Exposition professionnelle HIV, HBV et HCV ».

Bibliographie:

Centers for Disease Control and Prevention (CDC): Updated U.S. Public Health Service Guidelines for the Management of Occupational to HBV, HCV, and HIV and Recommendations for Postexposure Prophylaxis (MMWR 29.06.01, Vol 50, RR-11).

Jaeckel E, Cornberg M, Wedemyer H, et al. Treatment of Acute Hepatitis C with Interferon Alpha-2b. NEJM 2001;345;1452-1457.

Rauch A, Rickenbach M, Weber R, et al. Incidence of hepatitis C virus infection in the swiss HIV cohort study. The XV International AIDS Conference, 2004. Abstract no. MoPeB3335.

Le travail du personnel infecté par le HCV doit-il être réglementé?

Auteur: Dr. Markus Flepp

Dernière mise à jour: 10 / 2007

Réponse:

L'infection par le HCV acquise sur le lieu de travail est généralement attribuée à une exposition percutanée. Le risque de transmission du HCV provenant de patients infectés de façon chronique est plus bas que pour le HBV mais plus élevé que pour le HIV. La prévalence de l'infection par le HCV dans le personnel médical est plus élevée que dans la population générale.

Le risque de transmission du HCV par le personnel infecté au malade, même en cas de procédures invasives, apparaît très bas bien que les données soient insuffisantes.

Les deux plus grandes études publiées font état de transmission à 5 patients, un cas provenant d'une chirurgie thoracique par un chirurgien infecté par le HCV, un autre provient d'un anesthésiste en cours d'infection primaire. Il n'existe pas de données publiées sur le risque de transmission en cas de procédures invasives. Dans l'étude de Ross et collaborateurs, non publiée à ce jour, l'ARN du HCV fut transmis dans 1/2500 interventions gynécologiques. Suite à la transmission du HCV par un gynécologue à l’une de ses patientes, les auteurs étudièrent le cas de 2500 femmes sur un total de 3000 femmes opérées par ce gynécologue sur une période de 6 ans. Chez 7 femmes des anticorps anti-HCV ont été retrouvés, chez 5 d'entre elles l'ARN du HCV était positif, et 2 de ces femmes avaient le même génotype que ce chirurgien. La même souche de virus n'a pas été retrouvée chez les autres patientes.

En Grande-Bretagne, les médecins infectés par le HCV ne sont pas autorisés à réaliser des procédures invasives. En comparaison, très peu de pays suivent des recommandations limitant l'activité du personnel médical infecté par le HCV. Pareillement au personnel médical, les personnes infectées par le HCV doivent suivre les règles d'hygiène et de prévention recommandées en cours.

Bibliographie:

Esteban Ji, Gomaz J, Martell M, et al. Transmssion of hepatitis C virus by a cardiac surgeon. N Engl J Med 1996;334:555-560.

Ross RS, Viazov S, Gross T, et al. Transmission of hepatitis C virus from a patient to an anesthesiology assistent to five patients. NEJM 2000;343:1851-1854.

Ross RS, Viazov S, Thormahlen M, et al. Risk of hepatitis C virus transmission from an infected gynecologist to patients: results of a 7-year retrospective investigation. Arch Intern Med. 2002 ;162(7):805-810. Erratum in: Arch Intern Med 2002;162(10):1139.

Joint Working Party of the Hospital Infection Society and the Surgical Infection Study Group. Risks to surgeons and patients from HIV and hepatitis: guidelines on precautions and management of exposure to blood or body fluids. BMJ 1992;305:1337-1343.

PHLS. Hepatitis C virus transmission from HCW to patient. CDR Review 1995;5(26):R121.

Centers for Disease Control and Prevention (CDC): Recommendations for Prevention and Control of Hepatitis C Virus (HCV) Infection and HCV-Related Chronic Diseases (MMWR 18.10.98, Vol 47, RR-19).

Centers for Disease Control and Prevention (CDC): Updated U.S. Public Health Service Guidelines for the Management of Occupational to HBV, HCV, and HIV and Recommendations for Postexposure Prophylaxis (MMWR 29.06.01, Vol 50, RR-11).

Grob PJ, Negro F, Renner EL. Hepatitis C Virus Infektion - Übersicht. PRAXIS 2000;89:1587-1607.

Une procédure post-exposition au HCV est-elle possible?

Auteur: Dr. Markus Flepp

Dernière mise à jour: 10 / 2007

Réponse:

Il n’existe pas de vaccin ou de procédure post-exposition au HCV. Selon une étude récente, le traitement de l'hépatite C par l'interféron alpha permet néanmoins de prévenir le développement de l'hépatite C chronique. Le personnel médical atteint d'un ictère suite à une exposition au HCV nécessite une prise en charge immédiate (c'est à dire par le médecin généraliste, le médecin d’entreprise, le service d'urgence). Les services médicaux procéderont également au suivi des sérologies dans le cadre de la prise en charge des symptômes. Dans le cas d'une augmentation des transaminases ou de l'apparition d'anticorps chez des sujets antérieurement négatifs (séroconversion), la recherche d'ARN du HCV sera effectuée. Si un diagnostic d'hépatite C aiguë est confirmé, un traitement sera en principe recommandé. Le spécialiste devra aborder les avantages et les désavantages du traitement avec le personnel de santé.

Bibliographie:

Jaeckel E, Cornberg M, Wedemyer H, et al. Treatment of Acute Hepatitis C with Interferon Alpha-2b. NEJM 2001;345:1452-1457.

Grob PJ, Negro F, Renner EL. Hepatitis C Virus Infektion - Übersicht. PRAXIS 2000;89:1587-1607.

Le traitement de l'hépatite C aiguë est-il réalisable et est-il recommandé?

Auteur: Dr. Markus Flepp

Dernière mise à jour: 10 / 2007

Réponse:

Il n'existe pas de vaccin ou de prophylaxie post-exposition en cas d'exposition au HCV. Selon une étude réalisée récemment, un traitement de l'hépatite C aiguë avec l'interféron alpha peut prévenir le passage à la chronicité.

En Allemagne, une étude a été réalisée de 1998 à 2000 sur 44 patients exposés au HCV dans les 4 mois précédents, ou ayant présenté une séroconversion HCV ou une augmentation des ALT > 350 UI/l. La moitié de ces patients étaient infectés par l’injection de drogue ou par des aiguilles, 23 % par un contact sexuel supposé, et 16 % suite à une intervention chirurgicale. Le génotype 1 était le plus fréquent (60 %). En moyenne, 89 jours après l'infection un traitement par 5 millions d'interférons alpha 2b sous-cutané journalier pendant 4 semaines étaient administré, suivi de 5 millions 3 fois par semaines pendant 20 semaines. 43/44 patients ont réçu le traitement complet et sont guéris. Chez tous les patients guéris la charge virale est passée au-dessous du seuil de détection après une moyenne de 3,2 semaines (plage de 2-12) et est restée indétectable pendant 48 semaines. Les ALT sont aussi retournées à leurs valeurs normales. Le traitement fut bien toléré. Seulement 1 patient a arrêté le traitement à 12 semaines à cause d'une alopécie et d'un syndrome pseudo-grippal. Une réduction de dose n’a été utile chez aucun des patients.

La probabilité d'infection chronique est normalement de 70 % chez l'adulte. Le traitement par interféron péguilé et ribavirine permet l'éradication du virus dans 50 % des cas. Le traitement de l'hépatite C aiguë apparaît comme économique et efficace dans la prévention de l'hépatite chronique cause de cirrhose et d’autres complications de l'hépatite C.

Les avantages et désavantages des options envisageables du traitement doivent être abordés avec un spécialiste.

Bibliographie:

Jaeckel E, Cornberg M, Wedemyer H, et al. Treatment of Acute Hepatitis C with Interferon Alpha-2b. NEJM 2001;345:1452-1457.

Grob PJ, Negro F, Renner EL. Hepatitis C Virus Infektion - Übersicht. PRAXIS 2000;89:1587-1607.

Grossesse et allaitement

Les femmes enceintes doivent-elles être systématiquement dépistées pour la recherche d’anticorps anti-HCV?

Auteur: Dr. Virginie Masserey Spicher

Dernière mise à jour: 10 / 2007

Réponse:

Selon une étude réalisée en Suisse en 1991, la prévalence d’anticorps anti-HCV chez les femmes enceintes est de 0,7 à 1 % dont 70 % sont probablement porteuses chroniques (ARN du HCV positif). Moins de 5 % d'entre elles transmettront le virus à leurs nourrissons (la co-infection augmente ce risque de 2 à 4 fois)

Le dépistage de routine des femmes enceintes n'est pas recommandé car aucune mesure obstétricale ou périnatale n’est nécessaire (sauf en cas de co-infection HIV).

Aucune intervention n’a entraîné une réduction du risque de transmission:

  • La césarienne ne réduit pas le risque;
  • Aucune immunisation active ou passive ni aucune autre prophylaxie n’est à donner au nourrisson;
  • L'allaitement maternel n'augmente pas le risque de transmission.

Cependant, le dépistage des femmes ayant des facteurs de risque est recommandé (voir la question 1b pour la liste des situations où un dépistage est recommandé). Si une patiente est positive pour le HCV elle doit être conseillée correctement et le bébé doit être testé à l'âge de 1 an. Dans un cas de co-infection par le HIV, une césarienne doit être pratiquée et l'allaitement doit être évité pour éviter la transmission du HCV ainsi que du HIV.

Bibliographie:

Grob PJ, Negro F, Renner EL. Hepatitis C Virus Infektion - Übersicht. PRAXIS 2000;89:1587-1607.

European Paediatric Hepatitis C Virus Network. Effects of mode of delivery and infant feeding on the risk of mother-to-child transmission of hepatitis C virus. BJOG 2001;108:371-377.

Quel est le risque de transmission du HCV d’une femme infectée à son nouveau-né?

Auteur: Dr. Virginie Masserey Spicher

Dernière mise à jour: 10 / 2007

Réponse:

Le risque de transmission d'une femme HCV positive (avec un ARN positif) à son nouveau-né varie mondialement entre 0 et 15 % (moyenne de 5 %). Ce taux est beaucoup plus élevé en cas de co-infection par le HIV. L'utilisation de drogues IV par la mère augmente le risque de transmission du HCV indépendamment de la co-infection HIV. Aucune explication satisfaisante n'a été trouvée pour expliquer ce phénomène. Le risque de transmission augmente bien en conjonction à une charge virale HCV maternelle élevée. Le mode de délivrance n'influence pas le taux de transmission. On pense que la transmission a lieu à l'accouchement. Chez l'adulte, l'infection devient chronique dans 70 % des cas. Par contre il n’est pas certain que cela s'applique également aux nouveau-nés et aux enfants infectés à la naissance.

Bibliographie:

Grob PJ, Negro F, Renner EL. Hepatitis C Virus Infektion - Übersicht. PRAXIS 2000;89:1587-1607.

Yeung LTF, King SM, Roberts EA. Concise Review: Mother-to-Infant Transmission of Hepatitis C Virus. Hepatology 2001:34(2):223-229.

Une césarienne est-elle indiquée pour les femmes infectées par le HCV?

Auteur: Dr. Virginie Masserey Spicher

Dernière mise à jour: 10 / 2007

Réponse:

Non. Il n'existe aucune preuve que le mode de délivrance influe sur le taux de transmission du HCV en l'absence de co-infection. Une césarienne élective doit être recommandée chez les mères HIV-HCV.

Bibliographie:

European Paediatric Hepatitis C Virus Network. Effects of mode of delivery and infant feeding on the risk of mother-to-child transmission of hepatitis C virus. BJOG 2001;108:371-377.

Faut-il déconseiller aux femmes infectées par le HCV d’allaiter?

Auteur: Dr. Virginie Masserey Spicher

Dernière mise à jour: 10 / 2007

Réponse:

Non, la transmission du HCV par l'allaitement n’est pas démontrée. L'ARN du HCV n'a pas été détecté dans le lait maternel et dans le colostrum de mères infectées.

Bibliographie:

European Paediatric Hepatitis C Virus Network. Effects of mode of delivery and infant feeding on the risk of mother-to-child transmission of hepatitis C virus. BJOG 2001;108:371-377.

Spencer JD, Latt N, Beeby PJ, et al. Transmission of hepatitis C virus to infants of human immunodeficiency virus-negative intravenous drug-using mothers: rate of infection and assessment of risk factors for transmission. J Viral Hepat 1997;4:395-409.

Quand doit-on vérifier si les nouveaux nés de mères infectées par le HCV sont infectés?

Auteur: Dr. Virginie Masserey Spicher

Dernière mise à jour: 10 / 2007

Réponse:

Les anticorps maternels deviennent généralement indétectables chez les enfants non infectés vers l'âge de 15 mois. La transmission verticale du HCV n'existe qu’en cas de virémie de la mère. Les enfants nés de mères porteuses d’anticorps anti-HCV mais dont l’ARN est négatif doivent être testés vers l'âge de 18 mois. Chez les enfants dont l’ARN de la mère est positif, un dosage des transaminases et de l'ARN du HCV peut être réalisé à 3 mois:

  • Les enfants à l’ARN positif sont considérés infectés si la virémie est confirmée positive avant 1 an.
  • Les enfants à l’ARN négatif mais de transaminases élevées doivent être de nouveau testés pour l'ARN vers 6 mois et pour les anticorps vers 18 mois.
  • Les enfants à l’ARN négatif mais de transaminases normales doivent être de nouveau testés pour les anticorps vers 18 mois.

Bibliographie:

Resti M, Bortolotti F, Vajro P, et al. Guidelines for the screening and follow-up of infants born to anti-HCV positive mothers. Dig Liver Dis 2003;35:453-457

Spencer JD, Latt N, Beeby PJ, et al. Transmission of hepatitis C virus to infants of human immunodeficiency virus-negative intravenous drug-using mothers: rate of infection and assessment of risk factors for transmission. J Viral Hepat 1997;4:395-409.

Peut-on conseiller un traitement aux usagers de drogues IV infectés par HCV?

Auteur: Dr Philip Bruggmann

Dernière mise à jour: 07 / 2012

Réponse: 201-F

Les usagers de drogues courent un risque plus élevé de développer une cirrhose hépatique en raison de leur exposition à divers facteurs hépatotoxiques (tels que l’hépatite virale, l’HIV, l’alcool, le cannabis, les psychotropes, la thérapie anti-HIV, etc.). C’est pourquoi il est d’autant plus important pour de nombreux usagers de drogue d’éradiquer le virus de l’hépatite.

Les patients qui suivent une thérapie de remplacement à la méthadone ont une réponse au traitement de l’hépatite C analogue à celle des patients qui ne dépendent pas de drogues. Même les patients qui continuent de recourir à des drogues par injection durant la thérapie antivirale ont des taux de succès du traitement comparables à ceux des non-usagers de drogues.

La progression prévue de la morbidité et de la mortalité liées aux affections du foie que nous venons de mentionner exige une intensification de la mise à dispositions des thérapies HCV pour les usagers de drogues. La thérapie et la réduction des sources d’infection devraient être considérées comme essentielles pour la prévention du HCV.

La thérapie de l’hépatite C pour les usagers de drogues devrait être prodiguée au niveau des soins de premier recours, si possible dans un établissement qui soit en mesure d’offrir autant de types de soins que possible au même endroit. La prescription et le suivi de la thérapie devraient être effectuées de façon interdisciplinaire, faisant appel, en plus des hépatologues, aux soignants qui connaissent le mieux les patients, soit, la plupart du temps, des professionnels des cures des dépendances, ou des médecins généralistes.

Bibliographie:

Mauss S, Berger F, Goelz J, Jacob B, Schmutz G. A prospective controlled study of interferon-based therapy of chronic hepatitis C in patients on methadone maintenance.Hepatology 2004; 40: 120–124.

Robaeys G, Buntinx F. Treatment of hepatitis C viral infections in substance abusers. Acta Gastroenterol Belg 2005; 68:55–67.

Backmund M, Meyer K. Hepatitis C therapy during substitution treatment. Suchtmed 2006; 8: 115–118 (article inGerman).

Bruggmann P. et al. Active intravenous drug use during chronic hepatitis C therapy does not reduce sustained virological response rates in adherent patients. Journal of Viral Hepatitis, 2008, 15, 747–752.

Les usagers de drogues IV courent-ils un risque plus élevé d’être infectés par le HCV?

Auteur: Dr Philip Bruggmann

Dernière mise à jour: 05 / 2010

Réponse: 022b-F

Les usagers de drogues injectables constituent le plus important groupe à risque parmi les patients atteints d’hépatite C. En Suisse, la prévalence d’anticorps anti-HCV atteint 57% chez les usagers de drogues injectables. Ces derniers représenteront l’un des plus importants groupes de patients ayant une maladie hépatique en phase terminale, ce qui pèsera lourdement sur les coûts de la santé.
La transmission de l’hépatite C chez les usagers de dogues iv ne se fait pas seulement en partageant la même seringue ou la même aiguille; en effet le virus de l’hépatite C survit plusieurs semaines dans tout le matériel de préparation de la solution de drogue (filtres, récipients, eau, etc.). Des quantités minimes, voire invisibles de sang suffisent à la transmission. C’est donc pour cette raison que partager tout ce matériel est une source d’infection redoutable.

Le partage de pailles pour l’inhalation de drogues constitue également un risque d’infection au virus HCV, qui peut se propager par les microlésions de la muqueuse du nez.

Bibliographie:

Trepo C, Pradat P. Hepatitis C virus infection in WesternEurope. J Hepatol 1999; 31(Suppl. 1): 80–83.

Alter MJ. Prevention of spread of hepatitis C. Hepatology 2002; 36(Suppl. 1): 93–98.

Bruggmann P, Seidenberg A, Meili D, Kesseli B, Huber M. Hepatitis C and HIV prevalence and antitretroviral therapy in a low threshold opiate maintenance program. Suchttherapie 2005;6:78-82.

Peut-on conseiller un traitement aux usagers de drogues IV?

Auteur: Dr. Robert Hämmig

Dernière mise à jour: 10 / 2007

Réponse: 201-F

Les usagers de drogues ont le mêmes droit au traitement que quiconque dans notre société, le traitement contre l’hépatite C leur est donc aussi accessible, si préconisé. Comme le traitement est difficile, il faut évaluer prudemment l'habilité physique et émotionnelle du patient à subir le traitement. Les usagers de drogues ont tendance à la dépression, celle-ci risque d’augmenter en raison du traitement ; ils ont également tendance à la consommation d'alcool, ce qui doit être évité. Dans certains cas, l’évolution de la maladie en cirrhose induite par l'alcool ne permet pas de mettre en place un traitement contre le HCV. En 1997, les autorités américaines de santé (NIH) ont mis en place la nécessité d'un sevrage de 6 mois pour pouvoir prétendre à un traitement anti-HCV. Bien que ces recommandations aient été reprises au cours de différentes conférences sur le consensus, elles n'ont aucune base scientifique bien qu’elles permettent de dissuader les individus non-compliants de débuter un traitement. Un traitement efficace ne conduit pas à l’immunité, une réinfection est possible à tout moment, de plus l'abstinence ne constitue pas une garantie d’une pratique future sûre. En conséquence, les usagers de drogues doivent être pleinement éduqués afin de se protéger d'une nouvelle infection (c'est à dire toujours utiliser leur propre aiguille et seringue, leur propre filtre et cuillère, et ne pas permettre aux autres usagers de drogues d'aider à l'injection).

Bibliographie:

Grob PJ, Negro F, Renner EL. Hepatitis C Virus Infektion - Übersicht. PRAXIS 2000;89:1587-1607.

Edlin BR, Seal KH, Lorvick J, et al. Is it justifiable to withhold treatment for hepatitis C from illicit-drug users? N Engl J Med 2001;345(3):211-215.

Davis GL, Rodrigue JR. Treatment of chronic hepatitis C in active drug users. N Engl J Med 2001;345(3):215-217.

Quelles sont les principales instructions à donner aux usagers de drogues iv pour éviter l'infection par le HCV?

Auteur: Dr Daniel Meili / Dr Philip Bruggmann

Dernière mise à jour: 07 / 2012

Réponse: 202-F

Le virus de l’hépatite C est détecté dans les aiguilles usagées, les seringues, les cuillères et les filtres. Le risque d’infection est leplus élevé lorsque les seringues et les aiguilles usagées sont partagées. La préparation de la drogue à l’aide de matériel usagé et, par conséquent, potentiellement contaminé peut laisser passer le virus dans la solution de drogue. Tous ceux qui consomment cette solution de drogue en commun (même s’ils utilisent des seringues et des aiguilles propres) sont exposés au risque d'infection.

C'est pourquoi, lors de la consommation de drogues intraveineuses, il est indispensable de:

  • Ne jamais échanger seringues et aiguilles;
  • Ne jamais partager de drogues avec quelqu'un qui utilise du matériel usagé;
  • Pour chaque injection, isolément ou en groupe, utiliser une nouvelle aiguille, un nouveau filtre et de l'eau stérile (solution de chlorure de sodium stérile, qui peut être obtenue sous forme de potions en pharmacies ou aux points d’approvisionnement destinés aux usagers de drogues). En cas d'urgence, utiliser de l'eau du robinet froide pour dissoudre la drogue. Stérilisez la cuillère ou utilisez une nouvelle cuillère lorsque vous partagez la solution de drogue avec d’autres personnes.

Bibliographie:

Grob PJ, Negro F, Renner EL. Hepatitis C Virus Infektion - Übersicht. PRAXIS 2000;89:1587-1607.

Steffen T, Gutzwiller F. Hepatitis B und C bei intravenös Drogenkonsumierenden in der Schweiz. PRAXIS 1999;88:1937-1944.

Quelles sont les principales instructions à donner aux usagers de drogues par voie iv infectés par HCV ?

Auteur: Dr Daniel Meili / Dr Philip Bruggmann

Dernière mise à jour: 07 / 2012

Réponse: 203-F

Il est important qu’ils subissent régulièrement des examens complets, tout comme pour les non-usagers de drogues. La thérapie de l’hépatite C devrait être évaluée pour chaque patient usager de drogue infecté par le HCV. Le plan thérapeutique devrait être décidé selon une approche interdisciplinaire. Les soignants qui connaissent le mieux le patient – dans la majeure partie des cas, ce sont les professionnels des centres de soins aux toxicomanes – devraient évaluer sa capacité de suivre une thérapie antivirale.

Chez les patients désireux de suivre le traitement, une thérapie anti-HCV devrait être démarrée, car les usagers de drogue présentent un risque élevé de développer une cirrhose ou un cancer du foie (principalement à cause des divers facteurs hépatotoxiques). Le traitement devrait être intégré dans la thérapie de sevrage et appliqué par une équipe interdisciplinaire.

Il est essentiel d'éviter les facteurs entraînant l’évolution de l'infection en cirrhose. L'alcool et le cannabis ont un effet négatif, donc la consommation régulière doit être évitée. L'infection simultanée par le HIV accélère la progression vers la cirrhose. La prévention du SIDA est par conséquent doublement fondamentale.

Toutes les mesures doivent être prises pour éviter la transmission à d’autres du HCV. Le risque le plus important réside dans la consommation de drogues intraveineuses (voir la question: « Quelles sont les principales instructions à donner aux usagers de drogues iv pour éviter l'infection par le HCV ? »).

Bibliographie:

Reimer J. Need-adapted HCV-treatment setting for injection drug users. Lancet. 2009 Jun 20;373(9681):2090-1